© INTERNEAux Etats-Unis, les médias comptent quotidiennement les cas de contamination au bacille du charbon : 40 à ce jour, dont 31 cas au Sénat dans l’entourage du chef de la majorité démocrate, Tom Daschle, qui avait reçu en début de semaine une lettre contaminée par une forme hautement concentrée du bacille. Cette attaque, qui laisse penser à l’intervention d’un spécialiste du bioterrorisme, a poussé la Chambre des représentants à suspendre ses travaux jusqu'à mardi pour procéder à des vérifications et à une éventuelle décontamination. Jeudi, le bacille à fait deux nouvelles victimes : une personne travaillant pour le présentateur vedette de la chaîne de télévision CBS TV-News, Dan Rather, ainsi qu'une employée des postes dans l'Etat du New Jersey. Ces cas portent à six le nombre de personnes qui ont développé la maladie après avoir été en contact avec une lettre suspecte depuis début octobre, et dont l'une est décédée.
les autorités américaines ont promis une récompense d'un million de dollars à toute personne qui fournirait des informations conduisant à l'arrestation des auteurs de lettres piégées au bacille du charbon. De son côté, renforçant ses défenses contre le terrorisme bactériologique, le gouvernement américain a demandé au Congrès d'autoriser le financement de l'achat de doses de vaccins contre la variole suffisantes pour tous les Américains.Une lettre suspecte à l’Assemblée nationale
Au milieu des fausses alertes qui inondent de nombreux pays, un cas avéré de tentative de contamination à la maladie du charbon a été signalé jeudi pour la première fois hors des Etats-Unis : plusieurs Kenyans ont été exposés à la bactérie par l'intermédiaire d'une lettre expédiée le 8 septembre des Etats-Unis et reçue un mois plus tard à Nairobi. Le destinataire en était un homme d'affaires kenyan ; quatre membres de sa famille ont également été exposés. En revanche, les deux courriers suspects reçus par les services des Nations-Unies à Nairobi (Kenya) ne sont porteurs d'aucune trace de bactérie du charbon.
En France, une nouvelle alerte a été signalée jeudi matin à l'Assemblée nationale, où une lettre contenant de la poudre blanche a été interceptée dans la salle du courrier. Le local a été fermé, et trois agents de l'Assemblée qui se trouvaient sur place ont dû être conduits à l'hôpital pour examens. On ignore encore le résultat des analyses pratiquées sur le courrier suspect. Des dizaines d'alertes ont également mobilisé jeudi les services de sécurité dans le reste du monde, notamment en Chine, en Thaïlande et en Autriche. Plus de 200 passagers d'un vol de la compagnie Austrian Airlines (AUA) qui se rendait de Vienne à New Delhi, et avait dû faire demi-tour en raison d'une fausse alerte au bacille du charbon, ont pu repartir après avoir été retenus pendant une nuit.
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