Anthrax : vers la piste américaine ?

Par F.A., le 27 octobre 2001 à 20h22 , mis à jour le 27 octobre 2001 à 20h26

Près d’un mois après l’apparition de la maladie du charbon aux Etats-Unis, l’enquête ne s’oriente plus vers la piste ben Laden ou irakienne. Le FBI privilégie désormais l’action d’extrémistes américains, qui haïssent le gouvernement fédéral.

anthrax hommes combinaison © INTERNE

Les attentats d’Oklahoma City et des Jo d’Atlanta ont montré aux Américains que leurs ennemis n’étaient pas seulement extérieurs. Mais que le danger extrémiste existait bel et bien à l’intérieur même des Etats-Unis. Rien de surprenant donc à ce que le FBI enquête désormais sur cette piste après la prolifération de la maladie du charbon depuis un mois. "L'idée d'une attaque commanditée par un Etat est de plus en plus considérée comme improbable" admet un responsable de l’enquête. Le Washington Post, citant un haut responsable du FBI, est encore plus catégorique en affirmant que "tout semble converger vers une source intérieure" et que "rien ne semble correspondre à une opération de l'étranger de type terroriste".

Le FBI et les enquêteurs de la Poste s'intéresseraient notamment à des groupes d'extrême droite. Les informations recueillies montrent en effet de plus en plus clairement que les spores utilisées sont sans doutes issues de cultures réalisées aux Etats-Unis, éventuellement dans le cadre d'un projet de recherche sur les armes bactériologiques aujourd'hui terminé.

Maîtrise par des biologistes américains

"La souche (utilisée dans les attaques) est sûrement une souche que les Etats-Unis, et eux seuls, ont mise au point" explique une experte sur le bioterrorisme de la State University of New York. "Je crois qu'il est assez clair que ceux qui ont manipulé ces spores ont suivi les procédures américaines" ajoute Barbara Hatch Rosenberg. Elle souligne que les biologistes américains sont les seuls à avoir réussi à réduire le bacille du charbon à une poudre extrêmement fine et dense, telle que celle trouvée dans une lettre adressée à la mi-octobre au chef de la majorité démocrate du Sénat Tom Daschle.

Si certaines pistes semblent donc désormais pouvoir être privilégiées, les autorités continuent toutefois d'admettre leur désarroi face à ces attaques au charbon. Le directeur du bureau de la sécurité intérieure, Tom Ridge, n'a pu qu'admettre son ignorance sur la possibilité que d'autres lettres empoisonnées soient en circulation. "C'est la question à 64.000 dollars, il n'y a vraiment aucune certitude"…

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