© INTERNEA l'occasion de sa première visite en Grande-Bretagne depuis 1998, Yasser Arafat s'est rendu lundi matin au 10 Downing Street. A l'issue de cette rencontre de plus d'une heure, le Premier ministre Tony Blair a affirmé son soutien à "un Etat palestinien viable", en insistant sur le fait que "le moment était venu de relancer le processus de paix au Proche-Orient". Un Etat palestinien ne peut exister que dans le cadre d'un accord global, qui assure "paix et sécurité" pour Israël. "Trop de Palestiniens innocents et d'Israéliens innocents sont morts au cours des derniers mois et dernières années. Nous disposons d'une chance de réparer les injustices qui ont, pendant trop longtemps, affecté notre monde et le Proche-Orient en particulier", a ajouté le Premier ministre au cours d'une conférence de presse conjointe des deux hommes. Le processus de paix, a toutefois noté M. Blair, "ne pourra aller de l'avant que si les gens le souhaitent".
Le président palestinien a pour sa part demandé une reprise immédiate des négociations avec les Israéliens "pour arriver à une solution juste et durable de tous les sujets à l'ordre du jour". M. Arafat a également répété son appel à la création d'un Etat palestinien indépendant, avec Jérusalem pour capitale, aux côtés d'Israël. Il a par ailleurs insisté sur le fait qu'il ne pouvait y avoir "aucun point commun entre notre cause juste et des objectifs et des méthodes injustes", en référence aux attentats terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis. "Nous sommes contre toutes les formes de terrorisme y compris contre le terrorisme d'Etat", a ajouté le leader palestinien sans citer les Etats visés. "Notre cause est juste et nous avons le total soutien de la communauté internationale", a-t-il ajouté.
Crise gouvernementale en Israël Les formations d'extrême droite "Israël Beyténou" et "Union nationale" ont fait part de leur volonté de quitter le cabinet d'union nationale d'Ariel Sharon, à la suite du retrait israélien ce matin de positions occupées dans le secteur palestinien autonome de Hébron en Cisjordanie. M. Lieberman, ministre des Infrastructures nationales et chef du Israël Beyténou (4 élus), a tenu un véritable réquisitoire contre l'action du cabinet de M. Sharon, lui reprochant notamment d'"avoir manqué l'occasion d'en finir avec le terrorisme, et d'avoir placé Israël en situation "d'outsider" au niveau international, contrairement à des pays comme la Syrie et l'Iran". Pour démissionner du gouvernement, un ministre doit en faire part par écrit au Premier ministre, et sa décision devient effective 48 heures plus tard. M. Sharon a vainement tenté dans la nuit de dimanche à lundi de convaincre MM. Zeevi et Lieberman de conserver leurs portefeuilles. Le départ des partis de l'extrême droite marquerait la première crise du gouvernement d'union nationale depuis sa formation il y a sept mois. Sans le soutien du bloc des ultras, M. Sharon pourrait encore s'appuyer sur une confortable majorité de 76 députés pour un total de 120 à la Chambre. Le départ des ultras risquerait cependant de susciter un effet domino au sein de la droite, dans le cas où M. Sharon choisirait d'accentuer sa politique de gestes en faveur des Palestiniens pour répondre aux attentes de ses partenaires travaillistes, notamment du chef de la diplomatie Shimon Peres. |
(Photo Une : crédit afp )
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