© INTERNEDepuis le début des frappes en Afghanistan, les Etats-Unis vivent dans la crainte de la reprise des attentats sur leur sol – et en particulier d’attaques bio-terroristes. Mais la France n’est pas à l’abri. Selon la justice italienne, Essid Sami ben Khemaïs, un Tunisien arrêté en Italie au mois de mai, était impliqué dans la préparation d’un attentat chimique sur le sol français, ainsi que Ben Heni Lased, un Libyen arrêté la semaine dernière en Allemagne. D’après les policiers italiens, Ben Heni Lased ne serait autre que le chef d'un groupe algérien proche du réseau ben Laden ; quant à ben Khemaïs, il serait l'un des chefs en Italie d’un réseau terroriste européen également implanté en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Espagne.
Des policiers d’une unité antiterroriste italienne auraient capté de nombreuses conversations téléphoniques entre ben Khemaïs et Ben Heni Lased, que l’Allemagne envisage d’extrader prochainement vers l’Italie. Des échanges qui évoquaient directement la possibilité d’utiliser un gaz liquide asphyxiant pour des attentats en France…
"Dès qu'on l'ouvre, les gens suffoquent"
L’agence Reuters, qui affirme avoir obtenu de la police italienne les retranscriptions de ces échanges, en livre quelques extraits évocateurs. Au cours d’une de ces nombreuses conversations, ben Khemaïs parle d’un liquide sous pression qui peut être transporté dans des boîtes de conserve : "dès qu'on l'ouvre, les gens suffoquent", affirme-t-il. Le 9 mars, Heni Lased lui réclame une ou deux boîtes de dix litres de ce gaz toxique en vue d'un attentat. "Dis au cheikh (...) que je n'ai pas besoin d'une armée, seulement de deux personnes qui aient un cerveau et soient entraînées (...) et rien à perdre ou à gagner", affirme-t-il. "Je suis certain de réussir". Et il ajoute : "Crois-moi, le cheikh (...) prépare quelque chose, il a un objectif et veut l'atteindre (…) Ce n'est pas quelque chose de petit". Dans un autre enregistrement daté du 14 mars, ben Khemaïs dit vouloir tester des "médicaments pour voir quels effets ils ont sur les gens".
Ce fameux "cheikh" dont parle Heni Lased, et dont le nom n’est pas prononcé, ne serait autre, selon les policiers italiens, qu’Oussama ben Laden. Et selon ces mêmes retranscriptions d’enregistrements fournies à l’agence Reuters, le "cheikh" aurait réuni en Afghanistan un arsenal "inimaginable" d'armes américaines et russes.
Photo d'ouverture : Essid Sami ben Khemaïs - AFP
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