La lutte antiterroriste commence à payer

Par , le 02 octobre 2001 à 08h09 , mis à jour le 02 octobre 2001 à 08h21

Arrestations en séries, gel des avoirs de ben Laden, coopération internationale croissante : George W. Bush a assuré lundi aux Américains que la guerre contre le terrorisme commençait à payer. Cet après-midi, Tony Blair doit annoncer de quelle manière les Taliban seront mis à terre.

policiers attentats © INTERNE

"Je suis fier d'annoncer que nous faisons des progrès sur de nombreux fronts", a affirmé cette nuit le président américain, soulignant les premiers résultats de la bataille globale engagée contre les réseaux de la terreur. Et de rappeler pêle-mêle les interpellations de 400 suspects aux Etats-Unis et de 125 autres dans le reste du monde, le gel des premiers fonds (6 millions de dollars) d'organismes réputés proches d'Oussama ben Laden, la coopération internationale croissante contre le terrorisme tant au plan diplomatique qu'en matière de renseignements, et la présence désormais de 29 000 militaires américains près de l'Afghanistan.

Le président, qui parlait lors d'une visite au siège de l'Agence fédérale supervisant les secours en cas de catastrophe (FEMA), à Washington, a également annoncé la capture ce week-end d'un pirate de l'air, Said Hassan Zafarini, qui avait tué deux ressortissants américains le 5 septembre 1986, lors d'un détournement d'avion au Pakistan. Pratiquement trois semaines après les attentats de New York et de Washington, M. Bush a visiblement senti la nécessité de rassurer ses compatriotes, auprès desquels il continue de prêcher la patience, faute de pouvoir déclencher une opération spectaculaire contre Oussama ben Laden et les principaux lieutenants de son réseau Al Qaida. "Lentement mais sûrement nous les obligerons à rendre des comptes à la justice et lentement mais sûrement nous les forcerons à abattre leur jeu et nous les capturerons", a affirmé le président.

Circulation des preuves de l'implication des réseaux ben Laden

Les Etats-Unis ont commencé à envoyer lundi à leurs ambassades, pour diffusion auprès des gouvernements alliés de Washington, des télégrammes contenant des preuves, classées condidentielles, sur la responsabilité d'Oussama ben Laden dans les attentats du 11 septembre. Aucune indication n'a été donnée sur les ambassades destinataires. Plusieurs pays, notamment arabes et musulmans, s'étaient montrés réticents à se joindre à l'alliance antiterroriste visant en premier l'islamiste d'origine saoudienne ben Laden, en l'absence de preuve fournie par Washington sur sa culpabilité. Auparavant, le porte-parole du département d'Etat avait indiqué à la presse que des informations en matière de renseignement seraient transmises "à un grand nombre de pays dont la plupart de nos alliés au sein de l'OTAN".

Londres prévient des modalités de l'attaque

Le Premier ministre britannique Tony Blair avait également affirmé dimanche détenir des "preuves incontestables" liant Oussama ben Laden aux attentats aux Etats-Unis. Cet après-midi, lors de son discours devant le Congrès de son parti, il devrait évoquer certains éléments de la campagne militaire à venir - dirigée par les Etats-Unis avec une possible participation britannique. "Les taliban ont eu l'occasion de livrer les terroristes qu'ils hébergent sur leur territoire, ils ont choisi de ne pas la saisir. Nous allons éliminer leur équipement lourd, rompre leurs sources d'approvisionnement et prendre leurs troupes pour cible", devrait prévenir le Premier ministre britannique. La campagne "prendra pour cible les installations militaires et les camps d'entraînement d'Oussama ben Laden, les troupes des taliban, leurs sources  d'approvisionnement et de financement".

Par Alexandra Guillet le 02 octobre 2001 à 08:09
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