© INTERNEComme c'est devenu une habitude depuis le début des frappes américano-britanniques sur l'Afghanistan, le régime des taliban continue de donner de la voix, à travers son ambassadeur au Pakistan. Tous les jours ou presque, une conférence de presse solennelle est organisée à Islamabad, en présence d'une masse impressionnante de correspondants étrangers, dans les locaux de l'ambassade de l'Emirat islamique auto-proclamé, seule représentation diplomatique du régime de Kaboul encore en fonction. L'ambassadeur, Abdul Salam Zaeef, fait alors le point sur la situation et les directives du mollah Omar. Il répond aux questions des journalistes. Vendredi, l'exercice a repris, après que le diplomate eut effectué un voyage auprès de son chef, à Kandahar.
Cessez-le-feu hypothétique et anthrax inconnu
Avant la traditionnelle grand-messe de l'après-midi, Abdul Salam Zaeef avait évoqué, devant des journalistes présents à sa descente d'avion sur l'aéroport de Quetta, un plan de cessez-le-feu. "Je vais me rendre à Islamabad pour rencontrer les Pakistanais et ensuite j'annoncerai lors d'une conférence de presse l'objectif de ma visite à Kandahar." Quelques heures plus tard, toutefois, au cours d'une autre conférence de presse, le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a nié tout contact avec l'ambassadeur. "S'il a une proposition, nous serions sûrement disposés à l'écouter, a ajouté Riaz Mohammad Khan, mais c'est à lui de nous contacter à ce sujet." Peu après, l'ambassadeur Zaeef a expliqué qu'il n'était porteur "d'aucune nouvelle proposition", mais qu'il s'était rendu auprès de son chef pour y débattre d'un plan de paix et qu'il souhaitait maintenant avoir des consultations avec le Pakistan.
Interrogé sur la maladie du charbon, qui pour beaucoup d'Américains semble être une contre-riposte d'al-Qaida à "Liberté durable", l'ambassadeur a nié tout lien entre le régime qu'il représente et cette apparente attaque bioterroriste. "Nous ne savons même pas ce qu'est l'anthrax", a-t-il affirmé, via son interprète. S'agissant d'une éventuelle extradition inconditionnelle d'Oussama ben Laden, l'ambassadeur a réitéré le refus du mollah Omar : "Nous n'avons pas changé. C'est une question islamique et une question de foi, et nous n'allons pas changer notre foi pour qui que ce soit."
Enfin, Abdul Salam Zaeef a déclaré qu'il avait échappé de justesse à la mort lors de sa visite à Kandahar, siège du régime taleb. "Dans le voisinage de Chowk Madad, a expliqué l'interprète du diplomate, une roquette est tombée à 20 mètres de lui. Il a failli être une victime. Cela montre que les Américains mènent des frappes à l'intérieur de zones civiles et que des civils sont touchés."
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