Offensive économique, pression diplomatique

Par Christophe ABRIC, le 04 octobre 2001 à 08h09 , mis à jour le 04 octobre 2001 à 08h55

Alors que George W. Bush a annoncé un nouveau plan massif de relance de l'économie américaine et que Rumsfeld et Powell continuent leurs efforts en direction des pays arabes, la riposte s'organise et s'internationalise. Elle devrait comprendre une coopération avec l'opposition afghane. La France va prêter deux navires et l'Allemagne pourrait se joindre aux forces en présence.

Donald Rumsfeld en Arabie Saoudite © INTERNE

George W. Bush semble l'avoir bien compris : depuis les attentats du 11 septembre, l'offensive américaine doit se porter sur plusieurs fronts. Diplomatie, information, militaire, et économique. Face à la menace de plus en plus tangible d'une récession dans son pays, le président américain a annoncé hier un nouveau train de mesures visant la relance de l'économie. Ce plan comprend le déblocage de 75 milliards de dollars, qui s'ajouteront aux 55 milliards déjà débloqués au lendemain des attentats (40 milliards d'aides d'urgence et 15 de soutien aux compagnies aériennes).

Bush a fait cette annonce face à des hommes d'affaires réunis à New York. Il a incité le Congrès à faire preuve de diligence et a porté la priorité à une baisse des impôts qui aiderait une relance de la consommation. Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale et véritable chef d'orchestre de l'économie américaine, était d'abord réticent, estimant qu'un tel dispositif de relance pourrait grever le budget et faire remonter les taux. Mais il a fini par approuver ces nouvelles mesures, que la Bourse a visiblement apprécié : le Dow Jones est monté de 1,9% et le Nasdaq de 6%.

Efforts diplomatiques

Pendant ce temps, Colin Powell et Donald Rumsfeld continuent leurs efforts envers les pays arabes. Après la déclaration de Bush en faveur de la création d'un Etat palestinien, Rumsfeld, en visite en Arabie Saoudite a réussi à convaincre les dirigeants de ce pays que les Américains n'attaqueraient pas de pays arabe. Colin Powell a pour sa part affirmé à l'émir du Qatar que la campagne antiterroriste n'était ni "anti-arabe", ni "anti-islam". Rumsfeld doit poursuivre sa tournée en Egypte et à Oman, où il sera rejoint par Tony Blair.

La riposte s'internationalise

En Afghanistan, la riposte se précise. D'une part, les informations sont de plus en plus nombreuses à faire état d'un rapprochement concret entre les Américains et les dirigeants de l'Alliance du Nord, opposants afghans au régime des taliban. Ceux-ci, qui disposent d'environ 15.000 hommes et connaissent le terrain mieux que personne, estiment être les plus à même de déloger les taliban. Ils ont d'ailleurs fait état de défections massives dans les rangs de leur ennemis : selon les chefs de l'Alliance du nord, plus de 10.000 taliban seraient prêts à rejoindre l'ennemi. D'autre part, les Etats-Unis, qui ont obtenu l'activation de l'article sur la solidarité mutuelle au sein de l'OTAN, ont massé avec les Britanniques un arsenal imposant autour de l'Afghanistan : 4 porte-avions, des dizaines de navires de guerre et quelque 70.000 soldats. La France aidera en faisant participer deux navires (la frégate Courbet et le ravitailleur Var) à la sécurité et au ravitaillement des moyens navals américains dans l'océan Indien. Le ministre allemand de la Défense, Rudolf Scharping, a annoncé que l'armée allemande pourrait quant à elle participer à des opérations militaires américaines à bord d'avions d'observation AWACS ou de navires.

Photo : Donald Rumsfeld à Ryad

Par Christophe ABRIC le 04 octobre 2001 à 08:09
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