© INTERNEAu lendemain du déclenchement des opérations anglo-américaines, près de 10.000 manifestants pakistanais seraient actuellement en train de manifester leur colère dans les rues de Quetta (ouest du Pakistan). Des immeubles auraient été incendiés et des véhicules endommagés. Ce matin, le président pakistanais Pervez Musharraf a déclaré avoir obtenu des "assurances" selon lesquelles les opérations militaires conduites par Washington en Afghanistan seront "courtes", "ciblées" et éviteront autant que possible des "dommages collatéraux". Lors d'une conférence de presse, tenue ce matin à Islamabad, le général Musharraf a confirmé que son pays fournissait actuellement des informations et un soutien logistique à la coalition occidentale, et qu'il avait ouvert son espace aérien pour les opérations. "Oui, notre espace aérien est utilisé", a dit le président, tout en soulignant qu'aucune attaque n'avait été lancée depuis le sol et le territoire pakistanais.
Musharraf s'est par ailleurs déclaré hostile à ce que l'Alliance du Nord, l'opposition armée afghane, domine un futur gouvernement en Afghanistan après la chute du régime islamique des taliban. Selon lui, l'anarchie qui a régné en Afghanistan entre 1992 et 1996 en raison des dissensions entre factions afghanes pourrait s'installer de nouveau dans le pays si on permettait aux forces de l'opposition anti-taliban de dominer un gouvernement. Le président pakistanais a également affirmé que le Pakistan ne pouvait accepter un nouvel afflux massif de réfugiés afghans et que, par conséquent, il ne pouvait ouvrir largement ses frontières, dans l'immédiat. "Nous pouvons nous attendre maintenant à plus d'un million de réfugiés venant au Pakistan et nous ne pouvons certainement pas accepter ce fardeau (...) Nous ne pouvons accepter que le strict minimum", a affirmé le général. Il a cependant appelé à un effort "majeur de réhabilitation" en faveur des populations afghanes après les actions militaires.
Remaniement à la tête de l'armée pakistanaise
Quelques instants après le début des frappes, le président pakistanais a procédé discrètement à des changements importants au sein des forces armées du pays. Ce remaniement a été annoncé après le début des frappes occidentales en Afghanistan. Le général Musharraf, auteur d'un coup d'Etat en octobre 1999 et qui s'était autoproclamé président en juin dernier, a nommé le général Mohammad Aziz Khan au poste de président du comité d'état-major des forces armées (CJCSC) et le général Mohammad Yusuf au poste de chef d'état-major adjoint. Les deux hommes ont été promus à des grades plus élevés. Le général Musharraf, qui a conservé le poste de chef d'état-major pour une période indéfinie, détenait aussi jusqu'à présent le poste de président du CJCSC. Ce poste a donc été attribué au général Khan.
Un responsable militaire qui a requis l'anonymat a indiqué lundi qu'il avait entendu une information selon laquelle le général Mahmood Ahmed, chef des puissants services de renseignement pakistanais (ISI), allait prendre une "retraite anticipée". Mais cette information n'a pu être confirmée immédiatement. L'ISI a toujours eu la haute main sur la politique pakistanaise en Afghanistan et au Cachemire. La promotion des généraux Khan et Yusuf pourrait s'inscrire dans la mise à l'écart du général Mahmood.
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