Afghanistan : et maintenant ?

Par , le 14 novembre 2001 à 07h30 , mis à jour le 04 octobre 2003 à 18h14

Kaboul sous le contrôle de l’opposition et les talibans repliés à Kandahar, quel avenir politique s’annonce pour l’Afghanistan ? La communauté internationale insiste sur une solution négociée et presse les Nations Unies pour conjurer les risques de chaos.

alliance du nord militaires 12/11/ © INTERNE

Washington avait demandé aux troupes de l’Alliance du nord d’attendre avant d’entrer dans Kaboul. Mis devant le fait accompli, George W. Bush s’est dit "très satisfait des progrès de la guerre". Mais, craignant qu’une chasse aux sorcières compromette la stabilisation de l’Afghanistan, il appelle les chefs de l’opposition à "établir un climat de respect de la vie humaine, en conformité avec les droits de l'homme et libre de violences et de châtiments".

Le président américain, comme beaucoup de ses homologues, a en mémoire le terrible chaos qui a régné à Kaboul entre 1992 et 1996. La guerre civile qui avait alors opposé les factions de l’actuelle opposition avait provoqué la destruction d'un tiers de la ville et fait des milliers de morts, tout en permettant aux talibans, soutenus par Islamabad, de prendre de plus en plus d’importance.

Le plan de l’ONU

Lorsque la chute des talibans sera effective dans tout le pays, priorité devrait donc être donnée à la formation d’un gouvernement stable. Comme l’opinion générale, la Maison Blanche estime que "l'Afghanistan doit être gouverné par une large coalition reflétant la diversité ethnique du pays (...) et que Kaboul doit être administré d'une manière montrant à tous les Afghans qu'ils ont un rôle à jouer dans l'avenir de leur pays".

Conformément à son rôle, c’est à l’ONU que devrait revenir la lourde tâche de la transition vers cette "union nationale". Son intervention a d’ores et déjà été réclamée par le Pakistan. "Kaboul devrait être une ville démilitarisée" lance Pervez Musharraf. "Il est très important qu'il y ait une sorte de parapluie de l'ONU, et une force de l'ONU, peut-être aussi spécialement composée de pays de l'OCI (ndlr : Organisation de la Conférence islamique), donc de pays musulmans, qui soit présente pour assurer la stabilité" ajoute le président pakistanais.

L’ancien roi sur le devant de la scène ?

Sans perdre de temps, le représentant spécial des Nations Unies pour l'Afghanistan, Lakhdar Brahimi, a présenté dès mardi au Conseil de sécurité un plan de transition politique en cinq étapes permettant de doter le pays d'une constitution et d'un gouvernement.

Reste maintenant à savoir quelle sera l’attitude de l’Alliance du nord. Consciente du souvenir désastreux qu'elle a laissé, elle affirme qu'elle ne souhaite pas prendre le pouvoir. "Le temps est venu pour que par l'instauration d'un gouvernement de large représentation dans le pays, nous puissions éviter toute sorte de tyrannie et d'injustice, et aller vers le développement" indique-t-elle dans un communiqué. Pour aider à la création de ce gouvernement, le ministre des Affaires étrangères de l'Alliance, Abdullah Abdullah, demande à "tous les groupes afghans" de venir à Kaboul et à l'ONU d'envoyer une délégation, tout en refusant la participation de "forces étrangères". Et cite un homme clé : l’ancien roi Zaher Shah.

Le plan de l'ONU

Le représentant spécial de l'ONU pour l'Afghanistan, Lakhdar Brahimi, a présenté au Conseil de sécurité un plan de transition politique permettant de doter l'Afghanistan d'une  constitution et d'un gouvernement. Ce plan en cinq étapes prévoit d'abord une réunion des représentants de l'Alliance et des autres groupes afghans acceptant la mise en oeuvre d'un tel processus. Cette réunion doit mettre sur pied un conseil provisoire composé d'Afghans de toutes les communautés qui serait présidé par une personnalité symbolisant l'unité nationale et à laquelle tous les groupes ethniques et religieux pourraient se rallier.
Le conseil proposerait ensuite une administration de transition et un programme d'action pour une période transitoire de deux ans maximum et des dipositions en matière de sécurité.
Une "loya girga" (conseil de chefs traditionnels) serait alors réunie pour approuver l'administration provisoire, son programme d'action et ses propositions en matière de de securité. Elle autoriserait cette administration provisoire à préparer une constitution.
La phase de transition aboutirait enfin à la convocation d'une seconde "loya girga" pour approuver la constitution et mettre sur pied un gouvernement d'Afghanistan.

Par Fabrice Aubert le 14 novembre 2001 à 07:30
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