© INTERNELes Afghans envoyés à la conférence de Bonn étaient entrés dans le vif du sujet, jeudi, à savoir la composition du parlement provisoire et d'un exécutif chargés de gouverner l'Afghanistan jusqu'à la convocation d'élections générales. Les premiers désaccords ont alors surgi, sur la représentativité des différentes ethnies composant le pays. Premier à contester le travail de la conférence : le dirigeant du Hezb-i-Wahdat chiite Karim Khalili, membre du Front uni [nom officiel de l'Alliance du nord, ndlr]. Même s'il a estimé que la réunion de Bonn était "un pas positif", il a vivement protesté contre la "composition" des délégations, dans lesquelles les Ouzbeks et les Hazaras ne sont représentés que par une seule personne.
|
Ces tensions n'ont pourtant pas obéré l'espoir de l'équipe de l'ONU, qui espère parvenir à un "accord de principe" vendredi soir à la conférence de Bonn sur la transition politique et la restauration de la sécurité en Afghanistan". "L'impression qui s'est dégagée des travaux" vendredi matin, "est que l'on peut réduire les divergences afin d'être en mesure d'annoncer des résultats demain [samedi], a pour sa part déclaré devant la presse Houmayoun Jarir, le chef de la délégation dite de Chypre, soutenue par l'Iran. Selon toutes probabilités, la conférence de Bonn devrait donc s'achever samedi avec, au moins, un accord sur le volet politique.
Un accord était en vue
Une avancée majeure avait été enregistrée jeudi. Le Front uni, maître de Kaboul et de tout le nord du pays, acceptait désormais le principe d'une force multinationale dans le pays. "Notre intention n'est pas de nous opposer au déploiement de troupes étrangères", avait assuré devant la presse le chef de la délégation, Yunus Qanooni. "Une fois qu'il y aura un mécanisme de transition pour l'Afghanistan, si le besoin s'en fait sentir et nécessite la présence de forces internationales, nous ne nous y opposerons pas", avait-il souligné lors du point de presse quotidien.
Toutefois, un accord sur cette question sera sans doute obtenu, mais pas à Bonn : le Front uni estime qu'une telle annonce ne peut être faite que sur le territoire nationale. Pour sa part, la Maison Blanche a jugé "prématuré" le déploiement d'une force multinationale de paix en Afghanistan, compte tenu de la poursuite des hostilités sur le terrain et des discussions de Bonn.
Personnalité symbole
Sur la question clé d'une transition politique, les délégués semblaient s'acheminer vers un compromis sur une autorité intérimaire, composée d'une "administration" [exécutif] et d'un "Conseil suprême national" [parlement] et chargée de régler les problèmes les plus urgents du pays dévasté par 23 années de guerre, d'ici la convocation au printemps d'une Loya Jirga, assemblée traditionnelle afghane. Mais il s'agissait encore de s'entendre sur la personnalité qui dirigerait cette instance provisoire et déterminer la durée de son mandat. Si les "royalistes" avançaient officiellement, à Bonn, le nom de l'ancien monarque afghan comme "chef de l'Etat et chef du Conseil", l'hypothèse de voir Zaher Shah reprendre le pouvoir en Afghanistan semblait peu plausible. Le Front uni, comme les Occidentaux, voient essentiellement dans la personne du roi un symbole fédérateur et non un décisionnaire plein d'avenir.
Retour MYTF1




Chargement en cours...




