© INTERNEC'est la méthode ONU. Réunir des groupes de responsables politiques, qui sont parfois de farouches ennemis représentant des intérêts totalement divergents, et leur faire rédiger un projet commun. L'administration Clinton avait trouvé cette méthode tellement féconde qu'elle l'avait adoptée pour extirper un accord aux Bosniaques, Croates et Serbes à Dayton, pour tenter d'arracher un accord israélo-syrien à Shepherdstown ou finaliser une paix définitive entre Ehud Barak et Yasser Arafat, lors des pourparlers manqués de Camp David II. Aujourd'hui à Bonn, la diplomatie allemande et les hommes de Kofi Annan s'efforcent de formaliser, avec quatre délégations d'Afghans, un processus de transition démocratique après l'effondrement, presque terminé, du régime taleb.
D'ores et déjà, les avancées sont significatives. Yunus Qanooni, chef de la délégation du Front uni [nom officiel de l'Alliance du nord, ndlr], a fait savoir mercredi que son équipe était prête à accepter un "rôle" dans le système politique afghan, si la Loya Jirga en décidait ainsi. De plus, il a affirmé que le Front uni pourrait accepter une force multinationale "dans le cadre d'une solution de paix globale" négociée ultérieurement à Kaboul. "Nous avons bon espoir d'atteindre des conclusions positives et constructives dans les deux ou trois jours qui restent", a-t-il conclu. "Jusqu'ici ils ont pris un bon départ, a déclaré de son côté Kofi Annan, à l'issue d'une réunion avec George W. Bush. Les parties semblent vouloir un gouvernement doté d'une large assise et j'espère qu'ils parviendront à se mettre d'accord sur la création d'un gouvernement avant leur départ de Bonn."
Un procédé méthodique
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Bien qu'officiellement cloîtrés dans le somptueux Petersberg abritant les "UN Talks on Afghanistan", les délégués rencontrent les journalistes lors des points de presse quotidiens prévus par l'ONU. Et, à n'en pas douter, lors des pauses, dans les couloirs de l'hôtel. Ils peuvent également rencontrer les divers représentants des 18 chancelleries ayant demandé une accréditation pour assister aux pourparlers (Autriche, Belgique, Canada, Chine, France, Inde, Iran, Italie, Japon, Norvège, Pakistan, Corée du sud, Russie, Turquie, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Etats-Unis d'Amérique), ainsi que la Suisse et l'Union européenne. Les batteries de conseillers font également office de fusibles entre les membres, les diplomates et la presse.
D'abord, il y a l'agenda. C'est ce que se sont efforcés de bâtir les délégués mardi,
au premier jour de la conférence de Bonn (Lire l'article : "Bonn : premier jour, premier accord"). En session plénière à huis clos, réunis autour de la grande table ronde installée pour l'occasion, les 28 participants et leurs conseillers ont débattus sous l'autorité du représentant spécial de l'ONU pour l'Afghanistan, l'ancien ministre des Affaires étrangères algérien Lakhdar Brahimi. Chaque chef de délégation a fait connaître aux autres son point de vue sur les objectifs de la réunion. Enfin, cet agenda de pourparlers a finalement été approuvé par tous. Selon le document officiel communiqué à la presse par l'ONU, ce premier document est succinct : "1. Structure et durée de la transition, y compris : (a) Formation du Conseil suprême intérimaire pour l'Afghanistan, (b) Formation d'une Administration intérimaire pour l'Afghanistan, (c) Loya Jirga d'urgence. 2. Mesures pour assurer la sécurité du peuple d'Afghanistan. 3. Autres sujets."C'est cet agenda qui a été discuté "point par point" mercredi matin par les délégations, en session plénière. Quatre groupes ont ensuite été formés au sein des délégations, qui ont discuté des quatre points principaux de l'agenda. Lakhdar Brahimi et son adjoint, le Catalan Francesc Vendrell, font la navette entre les différents groupes pour aider à la formalisation des documents qui seront ensuite soumis à la session plénière pour un imprimatur final.
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