Bonn : premier jour, premier accord

Par Léonard VINCENT, le 28 novembre 2001 à 12h22 , mis à jour le 27 novembre 2001 à 12h34

Un premier accord sur le principe d'une administration provisoire a été trouvé à la conférence de Bonn. Les différentes factions afghanes envoyées en Allemagne se sont données jusqu'à dimanche pour formaliser un accord plus précis.

bonn afghanistan conférence ouverture salle © INTERNE

Sur le principe, ils sont d'accords. A Bonn, les quatre factions afghanes se sont entendues sur l'idée d'une "administration intérimaire", composée d'une vingtaine de membres, supervisée par un "Conseil suprême national intérimaire", faisant office de parlement. Ils "ont convenu qu'ils désiraient travailler ici à Bonn trois à cinq jours", a indiqué Ahmad Lawzi, porte-parole du représentant spécial de l'ONU pour l'Afghanistan Lakhdar Brahimi. "Ils espèrent parvenir dans cette période à un accord sur les points de l'agenda", a-t-il ajouté.

Cette phase intérimaire de six mois environ déboucherait sur la convocation d'une "Loya Jirga", assemblée traditionnelle, chargée d'approuver un gouvernement de transition pour une durée de deux ans environ. Pendant cette deuxième phase, le "Conseil national de transition" définira une Constitution, soumise à l'approbation d'une nouvelle Loya Jirga. Cette Constitution devra "établir les règles d'un système démocratique de gouvernement et l'égalité des droits des citoyens, garantir l'éducation pour les filles et les bonnes relations avec les pays voisins". Lorsqu'elle aura été approuvée par la Loya Jirga, des élections démocratiques seront convoquées.

"Aucune fierté à monopoliser le pouvoir"

Les délégations de Bonn

 

 

 
 
 
 

Le Front uni, l'entourage du roi, les barons de Peshawar, les exilés d'Iran... tf1.fr dresse le portrait des acteurs de la conférence de Bonn.

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C'est par deux discours en forme de leçons de morale qu'avait été inaugurée mardi matin la conférence de Bonn. "C'est à vous, représentants de l'Afghanistan, de saisir ce moment historique, avait lancé le ministre des Affaires étrangères allemand aux 28 délégués afghans venus discuter d'une formule de transition politique en Allemagne. Je vous exhorte à trouver un compromis historique." Joschka Fischer, souhaitant que prévalent "la sagesse et la volonté de compromis", avait appelé les Afghans à la "responsabilité".

Comme pour balayer rapidement hors de son camp les exhortations occidentales, le ministre du Front uni [nom officiel de l'Alliance du nord, ndlr] Yunus Qanooni était à son tour monté à la tribune pour prononcer son discours inaugural. "Nous n'aurions aucune fierté à monopoliser le pouvoir", avait-il déclaré. "J'arrive à Bonn avec de grandes attentes. (...) Hier, nous étions fiers de résister aux agressions, mais aujourd'hui, nous ne voulons pas d'une poursuite de la guerre ou d'un monopole du pouvoir. Nous voulons un système dans lequel règne la justice, a continué ce civil qui fut un proche du commandant Massoud. Nous voulons un système dans lequel tous les Afghans, y compris les femmes, participent de manière égale aux structures politiques du pays."

Dossier difficile

Au premier jour la conférence de Bonn, le désaccord majeur entre l'ONU et les Afghans résidait dans l'instauration d'une force multinationale. Les Nations unies avaient indiqué lundi qu'une force composée de troupes de pays neutres, sous mandat du Conseil de sécurité, serait "l'option la plus viable" pour la sécurité dans le pays. Simultanément, alors même que Joschka Fischer avait mis en garde "les autres pays" de la région, leur demandant de cesser de "privilégier des intérêts nationaux contradictoires, aux dépens du peuple afghan", l'Iran émettait une première exigence. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Téhéran se disait "opposé à un déploiement de forces étrangères en Afghanistan sous prétexte d'assurer la sécurité". Le gouvernement iranien disait y voir une entrave au "retour au calme et de la paix dans ce pays". Une idée soutenue par le président en exercice Burhannudin Rabbani, en visite à Dubaï. Souhaitant en outre qu'après celle de Bonn, les réunions interafghanes se tiennent sur le territoire national, celui-ci avait répété que "toutes les forces étrangères" devaient "quitter l'Afghanistan". Il semble donc que la question de cette force multinationale soit l'un dossier cruciaux de la conférence de Bonn.

Par Léonard VINCENT le 28 novembre 2001 à 12:22
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