© INTERNESans attendre la chute des taliban, les "barons" pachtounes en exil au Pakistan s'étaient réunis à la fin du mois d'octobre à Peshawar. Le maître d'œuvre de cette conférence d'oulémas, de chefs tribaux, de dignitaires pachtounes et de taliban prêts à la dissidence baptisée "Conférence pour la paix et l'unité nationale de l'Afghanistan", s'appelle Pir Sayed Ahmad Gailani, chef du Front national islamique d'Afghanistan, un parti pachtoune à la fois traditionaliste et royaliste, pourfendeur des taliban comme du Front uni. Cette conférence a été vue de l'extérieur comme un congrès de validation de la nouvelle posture pakistanaise : appel à la fin des frappes américaines, insistance pour que le Front uni lâche le pouvoir et négociations pour que les éléments les plus souples de la mouvance taleb participent à la reconstruction nationale.
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Pachtounwali et allégeance au roi
Plus traditionalistes et empreints de la culture tribale de leur peuple — la Pachtounwali —, les membres de la "conférence de Peshawar" défendront sans doute la ligne la plus rigide des partisans du roi. Moins portés sur le compromis que les proches du roi du "processus de Rome", les Pachtounes de Peshawar pestent vigoureusement, depuis l'entrée du Front uni dans Kaboul, contre les Etats-Unis. "Ils ont fait une grosse erreur, tempêtait la semaine dernière le neveu de Pir Sayed Gailani. Ils ont ouvert la voie de Kaboul à l'Alliance du Nord [nom donné au Front uni, ndlr] et à Rabbani [président afghan en exercice et dirigeant du Front uni, ndlr]. Si l'ONU n'intervient pas rapidement pour désarmer les factions, nous allons droit à une nouvelle tragédie".
Car les hommes de la "conférence de Peshawar" n'ont pas de mots assez durs envers le Front uni, qu'ils accusent de vouloir monopoliser le pouvoir et replonger l'Afghanistan dans le chaos. "Des gens en qui on ne peut pas avoir confiance, qui ne tiennent pas leurs promesses, qui ont perdu toute crédibilité", s'irritait le 20 octobre dernier le neveu de Pir Sayed Gailani. Mais avec qui il faudra compter, lors de la conférence de Bonn.
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