© INTERNELes tentatives du nouveau gouvernement pour restaurer la confiance quant à l’émission d’une troisième monnaie n’ont pas eu les effets escomptés. Les secteurs productifs craignent que la mise en circulation de l’"Argentino", prévue pour janvier prochain, ne se convertisse en une arme à double tranchant. Usines et laboratoires prennent des mesures de défense contre ce qu’ils considèrent être une "dévaluation cachée".
Les prix des produits de première nécessité s'envolent Retrouvez les autres reportages Cry for me, Argentina
de notre correspondante
sur place, Aurélie Albert
Une famille
dans la crise argentine
Avoir moins de trente ans
en Argentine
Le social
est le plus grand problème
de l’Argentine
Sans justification apparente, les prix des produits de première nécessité comme la farine, le sucre et l’huile, ont augmenté de 20 à 30% au cours des deux derniers jours, ce qui se répercute déjà dans le prix des confiseries distribuées par l’entreprise Arcor. A Mendoza, les petits commercants craignent à la fois une baisse supplémentaire de la consommation, qui a déjà chuté pour certains de plus de 70% au cours du dernier mois, et une baisse de l’approvisionnement en marchandises provenant de grandes entreprises internationales, qui affirment ne pas envoyer leurs camions à l’interieur du pays, par peur des saccages.
Les déclarations trop floues du nouveau gouvernement inquiètent plus d’un chef d’entreprise. Ces derniers disent avoir perdu jusqu’au don de prédire quel sera le prochain chapitre, ce qui est fondamental pour les décideurs dans un climat où les règles du jeu changent en permanence.
Les usines ne livrent plus les magasins
"Les usines ont suspendu l’envoi de produits aux grossistes. Elles protègent leurs arrieres avant de voir s’il y aura ou non une dévaluation" affirme Carlos Nieto, Directeur du Centre des Petits Commerces de Mendoza. Plusieurs secteurs ont été touchés par les restrictions dans la venue de produits importés : en premier lieu, l’électronique. Hier, il était pratiquement impossible de trouver des pellicules photos ou du tonner pour photocopieuses dans Mendoza. Les boulangeries souffrent aussi de l’augmentation de 30% du prix de la farine: "on va devoir monter les prix, dès demain, sinon on vend à perte" affirme Eduardo.
Début de pénurie de médicaments
Les pharmacies se montrent également très préoccupés par la pénurie de médicaments. Les laboratoires, spéculant sur une probable dévaluation, ne livrent plus certains produits. "Je n’ai plus de stocks, et il y a même certains médicaments en défaut." déclare une pharmacienne de la chaîne Mitre, qui craint une inquiétante pénurie pour les jours à venir, si la situation ne s’améliore pas.
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