© INTERNE"Monsieur Sharon a ouvertement exprimé son intention de se débarrasser du président palestinien Yasser Arafat". Cette affirmation spectaculaire a été lâchée vendredi par le Premier ministre turc Bulent Ecevit devant la presse, en relatant une conversation téléphonique, tenue mardi avec son homologue israélien. Si la quasi totalité des analystes s'interrogeaient depuis les attentats du week-end dernier — revendiqués par les groupes extrémistes palestiniens — sur la stratégie du chef du gouvernement de l'Etat hébreu, Bulent Ecevit, lui, la définit clairement. Celui-ci a en outre souligné que "le droit d'Israël à protéger ses citoyens est indiscutable", mais que les "méthodes" utilisées par Israël n'ont pas donné de fruits. Dans le même temps, il a demandé aux Palestiniens de prendre des mesures "plus effectives" contre les éléments extrémistes.
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L'Autorité palestinienne mise en doute
Lâchée par les Etats-Unis et par l'essentiel des chancelleries importantes, l'Autorité palestinienne dit pourtant s'efforcer de contenir et d'arrêter les activistes palestiniens. Des efforts qu'Israël juge encore "insuffisants", selon Shimon Peres ou le ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer, qui en substance répètent que leur pays "vit sous la pression constante des tentatives d'infiltration" de kamikazes prêts à mourir en martyr sur le territoire israélien.
Les Palestiniens semblent prendre au sérieux la colère d'Ariel Sharon. Si les opérations militaires de Tsahal ont repris jeudi et vendredi (Lire notre article : "Israël relance les représailles"), une réunion sécuritaire conjointe israélo-palestinienne a lieu vendredi après-midi, sous l'autorité de l'émissaire américain Anthony Zinni et de quelques techniciens de la CIA. Mais l'inquiétude et les appels à l'aide se succèdent. Un responsable palestinien a ainsi déclaré à la BBC qu'Ariel Sharon était "un pyromane sur un baril de poudre", souhaitant précipiter la Palestine dans la guerre civile. Les militants et sympathisants du Hamas et du Jihad islamique menacent en effet, dans la rue et dans les communiqués, une Autorité palestinienne qui mettrait trop de zèle à paralyser leur "lutte contre l'ennemi sioniste".
L'Egypte impuissante
Le président égyptien Hosni Moubarak, chef du principal pays arabe à dialoguer encore avec Israël sur la base d'un pacte de non-agression signé il y a plus de vingt ans à Camp David, avait envoyé jeudi son ministre des Affaires étrangères à Jérusalem et à Ramallah pour tenter d'apaiser la crise. Vendredi matin, Ahmed Maher est retourné au Caire, affirmant que sa mission était "un échec". "Il n'y a pas de raisons de maintenir [les efforts de paix] si Sharon continue avec cette politique", a-t-il affirmé vendredi, au lendemain d'une déclaration où il prévoyait que le Proche-Orient plongerait dans "le chaos" si Israël éliminait Yasser Arafat.
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