© INTERNE"Que ces voyous s'en aillent tous et qu'il n'en reste aucun !". Quelque 7000 argentins se sont réunis aux aurores place de Mai, devant le Palais présidentiel à Buenos Aires. Armés de sifflets, casseroles et autres ustensiles de cuisine pour faire du tintamarre, les manifestants avaient commencé à se rassembler en début de soirée dans une ambiance bon enfant pour réclamer le départ de certains responsables gouvernementaux accusés de corruption. Mais aux premiers lancés de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre, les manifestants ont répliqué par des jets de pierres et projectiles divers.
La manifestation pacifique dégénère
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Un groupe a réussi à pénétrer dans l'enceinte du Congrès brisant tout ce qui lui tombait sous les mains avant de déclencher un incendie, qui a été rapidement maîtrisé. Au total douze policiers ont été blessés, dont six gravement, et 33 personnes arrêtées. En revanche, aucun bilan concernant d'éventuels blessés du côté des manifestants n'était disponible. La semaine dernière, les "émeutes de la faim" avaient fait 27 morts.
Par ailleurs, les vitrines de nombreuses banques et commerces, dont un restaurant McDonald's du centre-ville de la capitale argentine, ont été brisées et les façades de plusieurs bâtiments publics, dont l'ambassade de Grèce, ont été dégradés. Vers 7 heures, heure française, la Place de Mai avait retrouvé son calme.
Brève lune de miel
La lune de miel entre Rodriguez Saa, désigné Président intérimaire dimanche dernier par le Congrès en attendant la tenue d'une élection présidentielle en mars prochain, et les Argentins aura donc été très courte. Sa proposition de créer une nouvelle devise au cours flottant, l'argentino, ainsi que celle de la Cour suprême de restreindre les retraits bancaires, ont laissé sceptique la population. Le gouvernement provisoire argentin a décidé de suspendre ses activités pour la journée.
En manifestant ce matin, les Argentins souhaitaient notamment la démission de Carlos Grosso, conseiller en chef du président Adolfo Rodriguez Saà. But atteint. Sa démission a été acceptée par le gouvernement en place. Proche de l'ancien président péroniste Carlos Ménem, Carlos Grosso traîne derrière lui un lourd casier judiciaire lié à des affaires de corruption.
L'ancien président Ménem, arrêté et placé en détention préventive dans le cadre d'affaires de corruption, puis relâché par la Cour Suprême argentine, n'était pas non plus oublié des manifestants, moquant la féminité de sa mère à coups de jurons. Pas plus que n'étaient oubliés les juges de la Cour Suprême, la "Corte", dont des pancartes disaient en "avoir assez" et demandaient leur démission également.
Arrestation d'Alfredo Astiz L'ancien capitaine de frégate Alfredo Astiz a été placé en détention après son arrestation jeudi et sa comparution le lendemain à Buenos Aires devant le juge fédéral Sergio Torres chargé du dossier de la disparition en 1977 d'une jeune Suédoise Dagmar Hagelin, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Alfredo Astiz, un symbole du terrorisme d'Etat pendant la dictature en Argentine (1976-1983), a été transféré dans un bâtiment de la Marine militaire où il restera aux arrêts par ordre de juge. Le juge a communiqué à l'ancien capitaine, selon la même source, la demande présentée par la justice suédoise dans le cas Hagelin. Le tribunal a fait part au ministère des Affaires étrangères de l'arrestation d'Astiz qui devra à son tour informer les autorités suédoises. La Suède disposera alors d'un délai maximum de 40 jours pour formaliser sa demande d'extradition. L'ancien capitaine de frégate avait été arrêté jeudi dans sa ville natale de Mar del Plata (400 km au sud de Buenos Aires) avant d'être transféré dans la capitale. |
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