© INTERNEA moins d'un miracle, les négociations avaient déjà échoué. Ce miracle, les membres du "groupe de dix" et le président de la Conférence espiscopale de Colombie, qui ont rejoint lundi l'Américain James Lemoyne, envoyé spécial de l'ONU, ont voulu y croire jusqu'au bout. Ils ont continué à négocier avec les FARC - alors même que les 48 heures que leur avait accordées le président Andres Pastrana pour évacuer étaient presque écoulées. Et lundi, après une nouvelle journée de négociations fébriles, l'ambassadeur de France à Bogota, au nom du groupe des dix pays facilitateurs du groupe du processus de paix, a lancé un dernier appel à la paix, affirmant que les conditions pour relancer le processus de paix étaient réunies. Appel relayé par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a demandé au gouvernement colombien et aux rebelles des FARC de "faire tous les efforts possibles, même à cette étape ultime, afin de chercher une solution à la crise".
48 heures pour évacuer Caguan
Jeudi dernier, au cours d’une allocution télévisée, le président Pastrana avait lancé un ultimatum aux troupes des rebelles des FARC : il leur laissait jusqu'à samedi soir, 21h30 (soit dimanche, 6h30, heure française) pour reprendre les discussions. Faute de quoi, les FARC devraient quitter la région de Caguan. James Lemoyne se rendait alors à Caguan pour rencontrer les responsables des FARC ; et samedi, au bout de deux jours de travail avec l'envoyé spécial de l'ONU, et quelques minutes à peine avant l’expiration de l’ultimatum, les FARC publiaient un document en quatorze points dans lequel ils s'engageaient à respecter des mesures du processus de paix qui étaient jusqu’alors restées lettre morte. Réponse d’Andres Pastrana : jugeant le texte rendu public par les rebelles "insuffisant", le président colombien, au cours d’une nouvelle intervention télévisée, confirmait l’ordre donné aux FARC d’évacuer Caguan avant lundi, 21h30. Face à la menace de voir enterré définitivement le fragile processus de paix, les ambassadeurs de dix pays – France, Espagne, Italie, Suède, Norvège, Suisse, Canada, Cuba, Mexique et Venezuela – ont tenté fébrilement de réenclencher les négociations lundi avec deux représentants des FARC, aux côtés de James Lemoyne et de l'archevêque de Medellin.
Ces appels de dernière minute en faveur de la paix seront-ils suffisants ? Actuellement, 13.000 hommes de l'armée colombienne, placée en alerte maximum depuis mercredi dernier, se tiennent prêts à investir Caguan. Face à eux, un nombre indéterminé de rebelles, dans cette région stratégique vaste comme la Suisse, et qui, à travers jungle, donne accès aux frontières du Brésil, du Pérou, de l’Equateur ainsi qu’à la côte du Pacifique. Dimanche, avant l'ultime tentative de médiation du "groupe des dix", ils s'étaient déjà engagés à poursuivre la lutte sous toutes ses formes...
Photo d'ouverture : soldats colombiens en patrouille - afp
Retour MYTF1
Chargement en cours...




