© INTERNELes magistrats italiens sont tout près de déclarer la guerre à Silvio Berlusconi. L’un d’eux, et non des moindres puisqu’il s’agit du procureur général de Milan, l’a déjà fait. Les tensions sont alimentées par un projet de réforme touchant à l'indépendance des parquets et par les rancoeurs héritées des enquêtes pour corruption ayant provoqué la déchéance de dirigeants politiques proches de Silvio Berlusconi il y a dix ans, puis l'entrée en politique du magnat de la communication. Le conflit a déjà provoqué la démission début décembre d'un membre du gouvernement, le sous-secrétaire au ministère de l'Intérieur, Carlo Taormina. Il a repris de plus belle lors de la rentrée judiciaire samedi, lorsque de nombreux juges italiens ont saisi l'occasion pour protester en revêtant la toge noire des audiences ordinaires, au lieu de la tenue de cérémonie.
Réforme de la justice et procès SME
La tactique de Silvio Berlusconi a été d'isoler l'incident en évitant toute réaction à chaud, et dans l'ensemble, la consigne a fonctionné. Le haut magistrat s'est attiré une plainte du ministre de l'Intérieur, pour avoir affirmé que les escortes avaient été diminuées "comme par hasard" pour les juges traitant les affaires du chef du gouvernement. Et sa sortie a été jugée contre-productive par la plupart des commentateurs italiens.
Il n'empêche, le procureur met le gouvernement en difficulté car son réquisitoire enterre tout espoir d'éviter un affrontement avec l'opposition à propos de la réforme de la justice, estime le journal Corriere della Sera. "Berlusconi est de nouveau seul face à son drame personnel et politique: le procès SME et ses conséquences", ajoute le Corriere.
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