© INTERNELa mort du chef clandestin Raed Karmi pourrait enflammer les territoires palestiniens ou signifier à quelque kamikaze que l'heure est venue d'aller mourir et tuer en Israël. Le chef pour la Cisjordanie de la branche clandestine du Fatah "Brigade des martyrs d'al-Aqsa", âgé de la trentaine, a été tué lundi par l'explosion d'une bombe, alors qu'il se trouvait dans une rue de la ville de Tulkarem, à la lisière de la Ligne verte séparant la Cisjordanie et le nord-ouest d'Israël. L'homme figurait sur la liste des activistes les plus recherchés par Israël et avait échappé, l'année dernière, à une tentative d'assassinat. Une première réplique des activistes palestiniens a été aussi rapide que brutale : quelques heures plus tard, un appelé israélien de 19 ans a été tué par balles et un officier blessé, dans une embuscade à un barrage routier non loin de là.
Alors que les Palestiniens accusent l'Etat hébreu d'avoir éliminé Karmi, le ministre de la Défense israélien Benjamin Ben Eliezer a quant à lui parlé "d'accident du travail", autrement dit de la mise à feu prématurée d'une bombe qu'il transportait. Il reste que l'Etat d'Israël, par la voix de quelques ministres, se réjouit de la mort d'un homme qu'il considérait comme un commandant terroriste majeur, qui s'apprêtait à envoyer l'un de siens semer la mort en territoire israélien. Même le ministre israélien des Transports Ephraïm Sneh, d'ordinaire critique à l'encontre des mesures trop brutales à l'encontre des Palestiniens, n'a pas regretté la mort de cet homme qu'il a qualifié de "bombe à retardement". Et, dans la presse comme au sein de l'opposition de gauche israélienne, personne n'est dupe. Des sources militaires ont d'ailleurs confirmé lundi soir au quotidien Ha'aretz qu'il s'agissait bien d'une action du Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien.
La trêve est-elle rompue ?
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Si l'assassinat politique était prouvé ou avoué, le coup est risqué, de l'avis des analystes israéliens s'exprimant mardi matin dans la presse. "Ceux qui ont pris la décision de le cibler, affirme ainsi Amir Oren dans Ha'aretz, savent que la réaction à son assassinat sera rapide et coûteuse." Le chef d'état-major des Forces de défense israéliennes, Shaul Mofaz, a d'ailleurs averti les députés de la Knesset qu'il s'attendait à des tentatives d'attentats en territoire israélien, étant donné que, selon lui, l'accord de cessez-le-feu liant l'Autorité palestinienne, le Hamas et le Jihad islamique était caduc. Le Hamas a d'ailleurs menacé de reprendre ses attentats-suicide si Yasser Arafat ne recouvrait pas sa liberté de mouvement, quelques heures après que le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Piqué eut demandé que le président palestinien soit libre de ses mouvements "le plus vite possible".
Diplomatie attentiste
Toujours aux Etats-Unis, l'émissaire américain Anthony Zinni sans qui, semble-t-il, rien ne se décide au Proche-Orient, ne connaît toujours pas la date de son retour dans la région. Initialement prévu à la fin de la semaine, le troisième voyage de l'ancien général des Marines serait suspendu à l'actualité. Non seulement l'administration Bush, comme la France l'a fait mardi à la mi-journée, exige que la lumière soit faite sur l'affaire du cargo d'armes Karine-A, mais Anthony Zinni ne souhaite sans doute pas revenir au Proche-Orient en pleine opération de représailles terroristes des groupes radicaux palestiniens.
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