© INTERNESoumis à de fortes pressions internationales pour désamorcer le conflit avec l’Inde sur la question du Cachemire, pomme de discorde entre les deux pays, le président pakistanais devait faire un geste. Samedi, dans un discours à la nation retransmis en langue ourdoue par la télévision et la radio, Pervez Musharraf a tenté de jouer sur deux tableaux : reprise en main sur le plan intérieur, fermeté accompagnée de gages de bonne volonté contre le terrorisme en direction de l’Inde voisine. Les relations indo-pakistanaises se sont en effet fortement dégradées depuis l'attaque du parlement indien le 13 décembre. New Delhi l'impute à deux organisations islamistes basées au Pakistan et qui seraient soutenues par les services secrets d'Islamabad.
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Ajoutant les gestes à la parole, la police a arrêté samedi environ 300 militants de cinq mouvements religieux et extrémistes, dans la région centrale pakistanaise du Pendjab, quelques heures après leur interdiction par le président Pervez Musharraf.
"La question de la remise de tout Pakistanais ne se pose pas"
Par contre, pas question de céder aux exigences de l’Inde sur l’extradition de terroristes. Après l’attentat du 13 décembre, le gouvernement indien a envoyé par voie diplomatique à Islamabad une liste de coupables présumés, en demandant qu’ils soient livrés – une exigence à laquelle le président pakistanais a opposé samedi une fin de non-recevoir. "La question de la remise de tout Pakistanais ne se pose pas. Nous ne le ferons jamais", a affirmé le président Pervez Musharraf. "Si une preuve contre eux est mise au jour, nous les jugerons au Pakistan en vertu de nos lois." Le président a ajouté qu'aucun étranger figurant sur la liste établie par New Delhi n'avait trouvé l'asile au Pakistan.
Le président Musharraf a accompagné ce discours d’une nouvelle menace non voilée à destination de l’Inde : "je veux vous donner un message en tant que commandant des forces armées du Pakistan", a-t-il annoncé. "Les forces armées du Pakistan sont pleinement déployées pour faire face à tout défi. Elles sacrifieront leur dernière goutte de sang pour la défense du pays". S'adressant au Premier ministre indien, Atal Behari Vajpayee, il a ajouté : "N'essayez pas de traverser la frontière en quelque zone que ce soit, parce que nous riposterons avec l'ensemble de nos forces".
Photo d'ouverture : le président Pervez Musharraf lors de son discours à la nation, retransmis par la télévision pakistanaise - DR
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