© INTERNEUne douzaine de bulldozers escortés de véhicules militaires ont pénétré jeudi à l'aube dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, en riposte à l'attaque meurtrière d'une position israélienne, la veille, au cours de laquelle quatre jeunes soldats ont été abattus par un commando du Hamas. Dans la matinée, les unités israéliennes ont détruit plus de 70 habitations, autour du secteur "Block-0". Ces positions, selon l'état-major de Tsahal, abritaient des tireurs embusqués et des caches d'armes, sans doute passées clandestinement par la frontière égyptienne, non loin de là.
Entre-temps, des unités militaires israéliennes ont pris le contrôle de deux postes de police palestiniens du secteur, rasant les bâtiments et désarmant les sentinelles. Un raid éclair en forme de "leçon" à la Sécurité préventive palestinienne, selon des sources citées par Ha'aretz, pour avoir laissé passer les deux assaillants du poste de protection du kibboutz Kerem Shalom. L'incursion israélienne dans le camp de réfugiés de Rafah, si elle a été effectuée sous des tirs d'armes automatiques, a également jeté à la rue près de 700 civils, sous une pluie battante. Les Forces de défense israéliennes auraient également détruit plusieurs bateaux de pêche, sur la côte, alors que l'affaire du cargo Karine-A a singulièrement crispé l'attitude du Premier ministre Ariel Sharon et de son gouvernement. Celui-ci a d'ailleurs annoncé le gel de ses contacts avec l'Autorité palestinienne.
Les soupçons de Bush
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Fin de la trêve terroriste
Tout se passe donc comme si l'attaque de l'unité de Bédouins à laquelle appartenaient les quatre soldats — dont un commandant chrétien — avait relancé la politique séquentielle attaque-riposte-contre-riposte qui prévaut depuis le début de la deuxième Intifada. De fait, le mouvement radical palestinien Hamas, en revendiquant l'opération, a annoncé simultanément ne plus respecter le cessez-le-feu exigé au mois de décembre par Yasser Arafat et que l'attaque de "l'armée d'occupation" était une réponse à la capture du Karine-A. Et dans la journée de jeudi, l'autre organisation armée intégriste, le Jihad islamique, a décrété la fin officielle de la trêve, jugeant que l'Autorité palestinienne, "qui nous appuyait dans nos opérations contre l'ennemi" selon un communiqué, "s'est mise du côté des assassins sionistes en pliant devant les menaces et les diktats des sionistes et des Américains".
La mécanique d'enchaînement des violences semble sur le point de se ranimer, après une semaine de calme relatif. L'affaire du Karine-A a indigné l'essentiel de la classe politique israélienne, jugeant qu'il s'agissait là de la preuve ultime du double jeu de Yasser Arafat. Même les Etats-Unis, d'ordinaire plus policé avec l'Autorité palestinienne, a demandé des "explications urgentes" à celle-ci. Le Consul général américain à Jérusalem aurait, selon Radio Israël, envoyé "un message fort" au gouvernement palestinien, alors que l'administration Bush serait désormais persuadée qu'Arafat "aurait pu être en position de connaître ne serait-ce que quelques aspects" du trafic d'armes, selon les éléments fournis par Israël à Washington. Le porte-parole du département d'Etat Richard Boucher a explique que, lors d'une conversation téléphonique avec le président palestinien, Colin Powell avait "dit à Arafat que les indications selon lesquelles des Palestiniens sont impliqués étaient troublantes et que c'était cela qui nécessitait une explication".
Toutefois, Colin Powell a affirmé jeudi qu'il n'existait pas de lien jusqu'à présent entre le président palestinien Yasser Arafat et la cargaison d'armes saisies le 3 janvier en mer Rouge par les Israéliens sur le navire Karine A, soulignant l'extrême prudence avec laquelle les Etats-Unis considèrent ce dossier.
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