© INTERNELe président américain George W. Bush aurait commandé à la CIA et aux agences de la Défense américaine un éventail de plans pour renverser le raïs irakien Saddam Hussein. Des informations diverses allant dans ce sens ont filtré depuis la Maison Blanche et le Pentagone et ont été publiées mercredi par le Philadelphia Inquirer et jeudi par le Guardian. Et, lors d'une conférence de presse commune avec le général-président pakistanais Pervez Musharraf, George W. Bush n'a pas caché son intention de s'en prendre à l'Irak si nécessaire.
Le quotidien de Pennsylvanie Philadelphia Inquirer, citant des hauts dirigeants américains anonymes, révélait en effet que le président Bush avait pris la décision de renverser Saddam Hussein. Le plan envisagé par Washington serait, non pas d'engager une action militaire unilatérale et unique, mais, par une action de subversion intérieure et de soutien logistique à l'opposition armée, d'aider à faire chuter un régime jugé trop dangereux. Le potentiel chimique et nucléaire de Bagdad, son refus de se soumettre aux injonctions de l'ONU, son manque de coopération et les propos menaçants du raïs aurait achevé de convaincre George W. Bush.
"Le débat est tranché"
"Il ne s'agit plus de savoir s'il faut ou non se débarrasser de Saddam Hussein, a déclaré au quotidien américain un responsable de la Maison Blanche. Le débat est tranché. La question est… comment faire ?". La chaîne de télévision nationale ABC a confirmé ces informations dans la soirée de mercredi, précisant même que la CIA s'efforcerait, selon une première version du plan retenu, d'encourager une insurrection soutenue par des commandos et un éventuel soutien aérien. Si cette option ne suffisait pas, un contingent terrestre pourrait également prendre pied sur le sol irakien.
Interrogé sur ces informations, George W. Bush n'a pas démenti et a même laissé entendre qu'il y avait du vrai dans ces révélations. "Je me réserve toutes les possibilités, a-t-il déclaré. Je cache mes cartes. Mais Saddam Hussein doit comprendre que je ne plaisante pas avec la défense de notre pays. Qu'on ne s'y trompe pas : s'il le faut, nous prendrons les mesures nécessaires pour défendre le peuple américain." Le quotidien britannique The Guardian parle d'une offensive dans les prochains mois, tandis que le secrétaire d'Etat Colin Powell avait souligné mardi que "l'Irak est le pays qui est source de la plus forte inquiétude", ajoutant que la Maison Blanche, le Pentagone et le département d'Etat examinaient "les options pour un changement de régime". Le même jour, Bagdad avait une fois de plus refusé la venue d'inspecteurs de l'ONU, alors que le leader d'extrême-droite autrichien Jörg Haider effectuait une visite auprès de Saddam Hussein.
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