© INTERNESi l'on en doutait encore, le procès qui s'ouvre mardi dans la grande enceinte du Tribunal pénal international à La Haye est historique. Sait-on seulement pourquoi ?
Non seulement l'accusé Slobodan Milosevic est un ancien président, légitimement élu par son peuple, contrôlant à bon droit les agissements de son appareil exécutif et de son armée. Mais il reste que son parcours de gouvernant est ponctué de crimes, de scandales et d'abus en tous genres qui lui valent aujourd'hui l'électrochoc de la justice internationale. En bonne logique, l'impunité dont ont beaucoup joui les présidences criminelles devrait prendre fin.
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Enfin, il s'agit également d'un homme qui fut une figure diplomatique de premier plan, citant comme témoins des personnalités politiques majeures de ces dix dernières années. Ceux qui ont suivi de près l'évolution apocalyptique de la Yougoslavie, entre 1990 et 2000, savent que les chancelleries internationales et les fonctionnaires de l'ONU ont non seulement considéré Milosevic comme un partenaire incontournable et légitime. Mais qu'elles ont également leur part de responsabilité dans les gabegies et les massacres de Bosnie-Herzégovine.
La tâche du Tribunal ad hoc de La Haye n'est donc pas seulement de rendre justice aux Croates, Bosniaques et Kosovars. Elle est également d'éclairer les Serbes sur ce qu'ils ont subi, ce qu'ils ont laissé faire et ce qu'ils ont choisi. Elle est enfin — et peut-être surtout, si Milosevic se défendait efficacement — de montrer que l'accusé de l'affaire IT-02-54 jugée par la Troisième chambre du TPI a agi comme il l'a fait parce qu'il avait une marge de manœuvre. Et qu'il servait, parfois, les stratégies du jeu d'échec mondial, fait de messes basses, de promesses clandestines et d'enjeux extra-politiques que l'on appelle diplomatie.
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