Mort de Lumumba : les excuses de la Belgique

Par Franck LEFEBVRE, le 05 février 2002 à 18h47 , mis à jour le 05 février 2002 à 18h55

Pour la première fois, la Belgique a reconnu mardi officiellement sa responsabilité dans la mort du Premier ministre congolais Patrice Lumumba. Le ministre belge des Affaires étrangères a présenté ses "excuses" au peuple congolais.

patrice lumumba © INTERNE

La Belgique a présenté mardi ses "excuses" et ses "profonds et sincères regrets" au peuple congolais pour le rôle qu'elle a joué dans la mort, en janvier 1961, de Patrice Lumumba. Elle a annoncé la création d'un "Fonds Lumumba" pour oeuvrer au "développement démocratique" en RDC. Le gouvernement belge s'est appuyé sur les travaux d'une commission parlementaire qui avait conclu en novembre 2001 que "certains ministres et autres acteurs" belges avaient oeuvré pour écarter Lumumba du pouvoir puis participé à sa remise à ses ennemis du Katanga.

Fondateur du Mouvement National Congolais, Patrice Lumumba s’était révélé dès octobre 1958 comme un personnage-clé des revendications congolaises. Le 30 juin 1960, la Belgique accordait son indépendance au Congo, avec, à la tête de la toute jeune république, Patrice Lumumba comme Premier ministre, et son rival Joseph Kasavubu comme président. A peine indépendant, le Congo devait faire face à une période de troubles, les Congolais s’en prenant aux colons européens, les hommes de troupe attaquant leurs propres officiers blancs – des troubles qui devaient faire au moins un demi-million de victimes. Parallèlement, dans la province du Katanga, riche en mines de cuivre et de cobalt, Moïse Tshombé faisait sécession avec l’aide d’une compagnie minière et de mercenaires européens.

40 ans de silence

Face aux désordres, Lumumba demandait l’appui des Casques bleus de l’ONU, et faisait appel aux gouvernements européens ainsi qu’à… l’Union soviétique. Un activisme gênant aussi bien pour ses partenaires que pour ses rivaux. Dès septembre 1960, il était écarté du pouvoir par son rival Kasavubu, placé en résidence surveillée par un jeune colonel du nom de Mobutu, avant d'être envoyé, sur ordre de Mobutu et de Kasavubu, en direction du Katanga.

Le 17 janvier 1961, un avion se posait à Elizabethville, au sud du Congo ex-belge. A son bord, un prisonnier de marque : Patrice Lumumba, sur le point d’être livré à Moïse Tshombé. Ce devait être sa dernière apparition. Il mourait peu après, assassiné avec deux de ses compagnons. Le gouvernement belge et la CIA devaient très vite être accusés d’être largement responsables de la mort d’un dirigeant congolais trop accommodant avec l’URSS.

Par Franck LEFEBVRE le 05 février 2002 à 18:47
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