© INTERNEPervez Musharraf en est convaincu : Daniel Pearl est vivant. C'est ce qu'il a affirmé mercredi à Washington, lors d'une conférence de presse commune avec George W. Bush. Il a même ajouté qu'il espérait que sa libération était "aussi proche que possible". Jusqu'à présent, pourtant, la police pakistanaise admettait n'avoir aucune preuve que le journaliste américain, disparu depuis trois semaines, est bel et bien vivant... Ces propos résolument rassurants du président pakistanais illustrent en tout cas l'enjeu que représente le dossier Pearl, en pleine visite de Pervez Musharraf aux Etats-Unis. Visite dont le point culminant a été, mercredi, sa rencontre avec George W. Bush, pour discuter essentiellement de trois sujets : la guerre contre le terrorisme, la tension entre l'Inde et le Pakistan... et l'assistance économique et militaire américaine.
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Le voyage américain de Musharraf vient ponctuer un rapprochement spectaculaire entre les Etats-Unis et le Pakistan, initié par Washington en quête d'un soutien de poids dans sa guerre contre le terrorisme. Washington a d'ores et déjà levé ses sanctions contre Islamabad et promis une assistance financière de plus d'un milliard de dollars, dont près des deux tiers ont déjà été versés. En recevant son homologue pakistanais, George W. Bush n'a d'ailleurs pas hésité, mercredi, à dire qu'il était "fier d'être son ami", le qualifiant de "dirigeant animé d'un grand courage et doué de perspicacité".
Le président pakistanais, qui n'a pas manqué de dénoncer le terrorisme "sous toutes ses formes et où qu'il se manifeste", a profité de cet accueil plus que chaleureux pour tenter de faire pression sur les Etats-Unis à propos du conflit du Cachemire. Pervez Musharraf a affirmé avoir fait le point avec George W. Bush sur le déploiement "massif et agressif" de soldats indiens à la frontière pakistanaise, et a demandé un retrait permettant de reprendre le dialogue entre les deux puissances nucléaires. Il a aussi demandé l'assistance des Etats-Unis pour faciliter un règlement de ce conflit, qui a déjà provoqué trois guerres entre l'Inde et le Pakistan. Réponse de George W. Bush : tout en admettant que les Etats-Unis pouvaient aider aux discussions, il a prudemment évité d'évoquer une quelconque médiation américaine. "La meilleure chose que notre gouvernement puisse faire, a-t-il dit, est d'encourager (les parties) à s'asseoir et à entamer un dialogue réel et significatif".
Photo d'ouverture : la rencontre entre George W. Bush et le président pakistanais Pervez Musharraf - afp
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