Pèlerinage sous surveillance à La Mecque

Par Gérard RANSAY, le 21 février 2002 à 07h00 , mis à jour le 20 février 2002 à 20h10

L'édition 2002 du pèlerinage de la Mecque est soumise à des conditions de sécurité exceptionnelle. Les autorités saoudiennes redoutent par dessus tout une récupération politique de l'événement.

pèlerinage La Mecque © INTERNE

Deux millions de fidèles, dont 1,4 millions d'étrangers venant de 120 pays sont arrivés en Arabie Saoudite et ont fait mouvement vers Mina, première étape d'un périple de cinq jours sur les pas du prophète Mahomet. Les pèlerins sont prévenus : "tout rassemblement à caractère politique est interdit". La ville de Djeddah, et surtout La Mecque sont quadrillées par plus de 20.000 soldats et quelque 10.000 policiers et agents de sécurité, soutenus par neuf hélicoptères. A la Mecque, où plus de 2.000 caméras de surveillance ont été installées dans les principales artères des milliers de fidèles, ne disposant pas de permis spéciaux, ont été carrément refoulés aux portes de la ville. Les premiers incidents ont éclaté, lorsque des pèlerins iraniens ont organisé une conférence de soutien à l'Intifada palestinienne.

Des arrestations dès l'arrivée de la délégation afghane


AFP 
Alors que 15.000 fidèles afghans étaient inscrits pour le pèlerinage de cette année seuls 11000 d'entre eux auront la chance d'être acheminés en Arabie Saoudite par un pont aérien anglo-saoudien. Parmi le premier groupe de 890 Afghans arrivés vendredi dernier à Djedda la police saoudienne a déjà arrêté, trois individus, accusés par l'Administration afghane d'implication dans "l'assassinat" du ministre de l'Aviation civile Abdul Rahman. Les responsables religieux saoudiens ont bien compris que, dans un contexte de guerre au terrorisme tous azimuts par l'armée américaine, le déroulement des cérémonies du "Hadj" devra être dénué de discours politiques. Le grand mufti d'Arabie saoudite, Abdel Aziz Ben Abdallah al- Cheikh, lui même est intervenu : "abstenez-vous de tout ce qui peut perturber la sécurité ou nuire au déroulement des rites, que ce soit par des slogans ou des troubles."

La famille royale saoudienne tient par dessus tout à redorer son blason terni par les attentats du 11 septembre, attribués à leur plus célèbre ressortissant, Oussama Ben Laden, mais aussi par de tenaces rumeurs de financement d'organisations terroristes. Il ne fait aucun doute qu'avec la flambée de violence que connaît le proche orient, "tenir" toutes les délégations sera un exercice périlleux, mais le soutien américain est à ce prix.

Par Gérard RANSAY le 21 février 2002 à 07:00
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