© INTERNELorsqu'elle mentionne la cachette où se trouve Ratko Mladic, la presse de Belgrade utilise souvent les guillemets. Comme si tout le monde savait que l'ancien chef militaire des forces serbes de Bosnie durant la guerre de 92-95 était, comme l'a encore affirmé la semaine dernière le procureur du TPI Carla Del Ponte, dans son appartement de Belgrade, sous la protection de l'armée yougoslave et du président Vojislav Kostunica. Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire belgradois Blic News croit même savoir que l'extradition de Mladic vers le TPI est à l'étude, au sein du gouvernement serbe, dans la perspective d'une promesse d'aide économique du Congrès américain et du procès de l'ancien président yougoslave Slobdodan Milosevic, qui s'ouvre mardi à La Haye.
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Trois ou quatre suspects
Mercredi dernier, Zoran Djindjic a affirmé à l'agence Reuters que son gouvernement allait bientôt procéder à l'extradition vers La Haye de "trois ou quatre suspects" sous le coup d'une inculpation. "Il s'agit de suspects parmi les plus recherchés du Tribunal, incluant de proches alliés de Milosevic, ainsi que Karadzic et Mladic." La porte-parole du TPI, l'ancienne journaliste française Florence Hartmann, a répété la semaine dernière que le tribunal de l'ONU savait que Mladic était à Belgrade et que Karadzic se cachait dans la campagne de la Republika Srpska. "Il n'y a aucun obstacle matériel à leur arrestation", a-t-elle précisé à la radio allemande.
Une source proche de Zoran Djindjic a raconté à l'Institute for War and Peace reporting (IWPR) que l'ambassadeur américain à Belgrade avait plus ou moins posé un ultimatum au gouvernement serbe, afin qu'il fasse procéder à l'arrestation de l'ancien "boucher" de Bosnie Mladic. Sans quoi, le Congrès risquait de ne pas adopter le programme d'aide de 114 millions de dollars promis à la Serbie. L'ambassadeur William Montgomery aurait même, selon l'IWPR, rendu visite à la vieille Jovanka Karadzic, mère du psychiatre-poète et ancien chef politique des Serbes de Bosnie, afin de faire pression sur son fils pour qu'il rende compte de son passé aux juges de l'ONU.
Et si, en plus des deux leaders charismatiques de la Republika Srpska, Belgrade extradait quelques-uns des co-accusés de Slobodan Milosevic, le TPI pourrait peut-être consentir à ce que d'autres procès se déroulent à Belgrade, une demande réitérée depuis longtemps par les autorités yougoslaves.
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