© INTERNEDès le mois de novembre, les Etats-Unis avaient commencé à fournir à la Géorgie plusieurs hélicoptères Huey. Désormais, il s’agit d'instructeurs militaires américains. Ils devraient arriver dès ce mois-ci pour, officiellement, former les forces géorgiennes à la lutte antiterroriste. Le but étant de traquer les anciens membres d'Al-Qaida ou les rebelles tchétchènes qui se seraient réfugiés dans les montagnes géorgiennes… Leur arrivée a été annoncée mercredi dernier par le général Peter Pace, chef d'état-major adjoint américain, et confirmée jeudi soir par le ministre géorgien de la Défense.
Grincements de dents à Moscou. Pour l’instant, Poutine est resté silencieux sur le sujet, donnant même l’impression de donner une approbation de principe à cette présence américaine dans la région. Réaction toute différente du président de la Douma, le communiste Guennadi Seleznev : il s'en est pris violemment tant à la direction russe, qu'il a accusée de "manquer de volonté", qu'aux Américains. "La lutte contre les terroristes dans les gorges de Pankissi est juste un prétexte pour une présence militaire américaine permanente en territoire géorgien, à proximité immédiate des frontières méridionales de la Russie", a-t-il affirmé. De son côté, le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov a fait état de son mécontentement au cours d'un entretien téléphonique avec son homologue américain Colin Powell.
Un "partage des sphères d'influence" ?
Ces accusations d’ingérence trouvent un argument supplémentaire dans l’attitude de la Géorgie, qui a assuré de sa volonté de coopération avec les Etats-Unis dans les montagnes de Pankissi… tout en refusant de coopérer de même avec la Russie. Ces montagnes sont une pomme de discorde récurrente entre la Russie et la Géorgie, et ont servi de champ de bataille lors de la guerre menée par la Russie contre les Tchétchènes. Le président géorgien Edouard Chevardnadzé avait d’ailleurs accusé la Russie d'avoir bombardé la région – une accusation toujours rejetée par la Russie.
Selon le journal russe Izvestia, ces manœuvres seraient le signe que les Etats-Unis et la Russie ont décidé de "partager les sphères d'influence en Géorgie" : Poutine fermerait les yeux sur la présence américaine dans les montagnes du Pankissi, en échange d’un bienveillant silence des Etats-Unis sur les interventions russes dans les Républiques séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




