Peur sur Ramallah, Arafat pour un cessez-le-feu

Par Léonard VINCENT, le 28 mars 2002 à 12h16 , mis à jour le 28 mars 2002 à 12h25

Au lendemain de l'attentat meurtrier de Netanyia, la crainte de représailles israéliennes plane sur la ville où se trouve le QG de Yasser Arafat. Les bureaux gouvernementaux ont été évacués.

vignette proche orient proche-orient israel palestine © INTERNE

La peur des représailles du gouvernement d'Israël au carnage terroriste de Netanyia s'est emparée jeudi matin de la grande ville de Cisjordanie de Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne. Alors que des bruits d'opération militaire de grande envergure circulent dans la presse israélienne, le gouvernement palestinien a ordonné à ses fonctionnaires d'évacuer leurs bureaux. La sécurité palestinienne a été placée en état d'alerte. Selon un source palestinienne citée par Ha'aretz, les civils palestiniens ont commencé à se constituer des stocks alimentaires et sanitaires, en prévision d'un long siège israélien. La chaîne d'informations en continu qatarie Al-Jazira affirme que les Etats européens ont également demandé à leur personnel présent à Ramallah de quitter la ville.

Conflit israélo-palestinien

"Nous n'allons pas attendre longtemps et il va y avoir une riposte", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nachshon, sans préciser l'ampleur ni le lieu de cette riposte.
Selon des informations encore fragmentaires, des unités israéliennes auraient divisé la bande de Gaza en trois zones, en plaçant des points de contrôle sur la route reliant la colonie de Netzarim et Goush Katif, et se seraient positionnées autour de Ramallah.

Questions autour de la mission Zinni

Même si le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a confirmé que l'émissaire américain Anthony Zinni continuait sa mission, un haut responsable sécuritaire israélien a déclaré que l'attentat de Netanyia (lire notre article "Attentat dans un hôtel proche de Tel-Aviv"), revendiqué par le Hamas, avait dépassé toutes les bornes, créant une situation quasi-irréversible. Après avoir parlé au téléphone avec le Premier ministre Ariel Sharon, le ministre israélien de la Défense Benyamin Ben Eliezer a réuni l'état-major de Tsahal et du Shin Beth mercredi soir, afin d'évaluer la réponse à donner à l'attentat. Une nouvelle réunion, en présence d'Ariel Sharon, doit se tenir jeudi dans la soirée.

Une fois encore, Israël a rendu l'Autorité palestinienne responsable de ce "massacre de Pessah" [la Pâque juive, ndlr], en dépit du fait que celle-ci ait "fermement condamné de telles attaques", qui sont "moralement répugnantes". Aucune décision n'a été rendue publique. Seule une fuite, dans le quotidien Ha'aretz, laisse entendre qu'Israël allait abandonner la "politique de retenue" observée depuis le début de la mission Zinni, le 14 mars.

Arafat craint pour sa vie

Comme pour ajouter à la psychose, un haut responsable d'un gouvernement arabe a indiqué au correspondant d'une agence de presse à Beyrouth que le chef de la délégation palestinienne au sommet, Farouk Kaddoumi, "a reçu un appel téléphonique de Yasser Arafat alors qu'il était réuni avec le Premier ministre libanais Rafic Hariri", au cours duquel "M. Arafat lui a dit qu'il craint pour sa sécurité personnelle et que l'armée israélienne prépare une réoccupation totale de Ramallah" (lire notre article "Beyrouth évite la déroute").

Par Léonard VINCENT le 28 mars 2002 à 12:16
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