© INTERNELa troïka du Commonwealth composée de l'Afrique du Sud, du Nigeria et de l'Australie a annoncé mardi à Londres une suspension du Zimbabwe de l'organisation pour un an, avec effet immédiat. Le Premier ministre britannique Tony Blair s'est immédiatement réjoui de cette décision. Quant au Premier ministre australien, John Howard, il a précisé que la troïka "acceptait" les conclusions du rapport des observateurs du Commonwealth, qui a conclu que le président Mugabe a été réélu dans un "climat de peur" à l'issue d'un scrutin qui "n'a pas été libre". Une première sanction, avant, sans doute, l’aggravation des mesures européennes qui frappent déjà le pays…
Dix jours après la réélection de Robert Mugabe à la tête du pays, la situation politique du Zimbabwe est toujours aussi incertaine. Le principal opposant à Mugabe, Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), continue à contester les conditions dans lesquelles le vote s’est déroulé. Celui-ci a en outre été mercredi convoqué par la police puis au tribunal à Harare où il a été formellement accusé de trahison. Mis en cause dans une douteuse affaire de tentative d'assassinat du président Mugabe, celui-ci a souvent qualifié cette procédure de farce.
La Confédération des syndicats du Zimbabwe (ZCTU) a appelé à une grève générale pendant trois jours à compter de ce mercredi. Les organisations de la société civile proches du MDC ont appelé à des manifestations pacifiques de protestation. Mais parallèlement, les violences envers les partis d’opposition, qui s’étaient multipliées dans les jours précédant l’ouverture du scrutin, n’ont pas cessé.
Des violences "massives"
Changements dans la loi électorale, diminution du nombre de bureaux de vote dans les villes supposées plus favorables à l’opposition, vote des militaires en présence de leurs supérieurs : les irrégularités relevées par les observateurs indépendants ont été nombreuses. Ce qui n’a pas empêché l’Organisation de l’unité africaine de reconnaître le résultat du scrutin aussitôt celui-ci proclamé, et divers dirigeants africains (Sam Nujoma pour la Namibie, Benjamin Mkapa pour la Tanzanie, Bakili Muluzi pour le Malawi, et Joachim Chissano pour le Mozambique) de se rendre à la cérémonie d’investiture du président Mugabe nouvellement réélu.
L’Afrique du Sud et le Nigeria ont tenté de jouer les médiateurs. Avant de retrouver à Londres le Premier ministre australien John Howard, les présidents sud-africain et nigérian, Thabo Mbeki et Olusegun Obasanjo, avaient rencontré, lundi, Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai, en prônant la solution d'un gouvernement d'union nationale. Une idée acceptée par Mugabe… et refusée mardi par Morgan Tsvangirai. "Les conditions objectives à de véritables discussions ne sont pas réunies", a-t-il déclaré, avant de dénoncer les violences "massives" commises à l'encontre de l'opposition par les partisans de Mugabe depuis l’élection. Et de conclure : Mugabe "ment à (Thabo) Mbeki et (Olusegun) Obasanjo en disant qu'il veut négocier".
Photo d'ouverture : Robert Mugabe, président nouvellement réélu du Zimbabwe - DR
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