"Assez, c'est assez"

Par L.V., le 05 avril 2002 à 17h13 , mis à jour le 04 avril 2002 à 18h37

Dans un discours solennel, le président américain a défini la position américaine face au conflit du Proche-Orient. Dénonçant en termes très durs le terrorisme palestinien, il a appelé Israël à se retirer des villes occupées.

bush discours terrorisme © INTERNE

Lors d'une intervention sur le Proche-Orient, prononcée jeudi dans le jardin de la Maison Blanche sur un ton solennel, le président américain George W. Bush a accusé le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat d'être en large part responsable de "la situation dans laquelle il se trouve" et d'avoir ainsi "trahi les espoirs de son peuple". Dénonçant en termes très sévères le terrorisme des groupes radicaux palestiniens, citant le Hamas, le Jihad islamique et le Hezbollah, il a lancé un appel aux Etats arabes, pour que ceux-ci soutiennent utilement "la cause palestinienne", en luttant contre le terrorisme et en recherchant une paix viable avec Israël.

Faisant référence aux attentats-suicide meurtriers, qui ont fait estimer à Ariel Sharon que toutes les bornes avaient été franchies par les Palestiniens, le président Bush a appelé le monde arabe à faire taire ceux qui glorifient les kamikazes, estimant qu'ils n'étaient pas "des martyrs, mais des meurtriers". "En vous faisant exploser, a-t-il lancé à l'adresse des terroristes, vous ne servez pas la cause palestinienne. Les attentats-suicide pourraient bel et bien faire exploser la meilleure et seule chance d'obtenir un Etat palestinien." Citant nommément l'Iran et la Syrie, il a en outre demandé à plusieurs pays arabes de "rester en dehors" du conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens, en soutenant les plus durs de ses groupes armés.

"Le monde attend un cessez-le-feu"

Mais il a également appelé Israël à se retirer des villes réoccupées, de manière à ce que des négociations puissent être menées avec "des résultats". Debout à ses côtés se tenait le secrétaire d'Etat, Colin Powell, que George W. Bush a décidé d'envoyer au Proche-Orient "la semaine prochaine", pour faire valoir auprès des deux parties qu'"assez, c'est assez" et que "le monde attend un cessez-le-feu". "L'Amérique reconnaît le droit d'Israël à se défendre contre le terrorisme, a-t-il expliqué. Mais pour poser les fondations d'un futur accord de paix, je demande à Israël de stopper les incursions en territoire sous contrôle palestinien et de commencer à se retirer des villes récemment réoccupées."

Le président américain a également demandé à Israël d'alléger les souffrances des Palestiniens "pacifiques", en épargnant aux "innocents une humiliation quotidienne". "Israël doit prendre des mesures immédiates pour assouplir le blocus, a-t-il expliqué, et autoriser des personnes pacifiques à reprendre le travail". Sur la base d'un retrait et d'une reconnaissance mutuelle, dans la sécurité de "frontières sûres" et conformément aux résolutions de l'ONU, il a espéré que "la tempête de la violence" allait cesser.

KOFI ANNAN SE MONTRE PLUS SEVERE

Le secrétaire général des Nations Unies a accusé jeudi soir Israël d'avoir apparemment choisi de s'engager dans une nouvelle escalade militaire. "Répondre au terrorisme ne libère pas israël de ses obligations vis-à-vis de la loi internationale", a déclaré Kofi Annan, ajoutant que "forcer le président Arafat à l'exil serait imprudent" et "une faute de calcul de proportiions monumentales".

Les quinze membres du Conseil de sécurité ont par ailleurs adopté à l'unanimité une résolution dans laquelle ils se déclarent "profondément inquiets de la nouvelle dégradation de la situation" au Proche-Orient et exigent "la mise en oeuvre sans délai de la résolution 1402".

Par L.V. le 05 avril 2002 à 17:13
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