© INTERNESigne que les négociations avancent pour la levée du siège de la Basilique de la Nativité à Bethléem, vingt-six Palestiniens sont sortis mardi après-midi, accompagnés par un prêtre franciscain. Selon un négociateur palestinien, 25 civils ont été autorisés à quitter l'enceinte de la Basilique, ainsi qu'un colonel de la Sécurité préventive. Tous les hommes seront interrogés et, le cas échéant, relâchés, alors qu'un porte-parole militaire israélien a déclaré qu'à sa connaissance, "aucun d'entre eux n'est recherché par Israël pour faits de terrorisme". Selon le ministre palestinien de l'Information Yasser Abed Rabbo, des pourparlers sont toujours en cours, sous la supervision de diplomates britanniques et américains, pour résoudre le problème global de la Basilique, alors qu'une trentaine d'hommes accusés par Israël d'appartenir à des groupes terroristes sont encore retranchés à l'intérieur.
La mission pour Jénine toujours retardée
Par ailleurs, l'Etat d'Israël a décidé de ne pas coopérer, dans les conditions actuelles, avec la mission d'établissement des faits de l'ONU à Jénine, après réunion du cabinet de sécurité du gouvernement. Selon le communiqué officiel du bureau d'Ariel Sharon, "Israël a présenté des conditions cruciales afin que la mission puisse faire la lumière honnêtement, mais tant que ces exigences ne seront pas remplies, il n'est pas possible de commencer le travail de la mission." Après plus de deux heures de discussions, et après que l'état-major de Tsahal, les services de sécurité intérieure et de renseignements, se furent prononcés contre un feu vert donné à la mission, tous les membres du cabinet de sécurité, sauf un, ont également voté en ce sens.
En attendant que les pourparlers entre le gouvernement Sharon et le secrétaire général de l'ONU se terminent, les membres de la mission sont toujours bloqués à Genève. Le Conseil de sécurité, mis sous pression par le groupe arabe, avait pour les mêmes raisons repoussé toute action à mardi, tout en faisant savoir que le troisième report accordé à Israël serait le dernier.
Des objections répétées
Dix jours de pourparlers entre l'ONU et Israël n'auront donc abouti à rien. Mardi en fin de journée, l'ONU faisait savoir que Kofi Annan "penche pour le démantelement de la mission". L'Etat hébreu demande notamment que des experts en contre-terrorisme et en opérations militaires s'adjoignent aux membres de la mission désignés par Kofi Annan — un groupe jugé trop politique et trop partisan pour être fiable. Il fait valoir que, non seulement les accusations de "massacre" émises par l'Autorité palestinienne ne sont pas fondées, mais que les Forces de défense israéliennes engagées dans les combats comptent 23 morts. Mardi matin, le ministre des Affaires étrangères israélien Shimon Peres a affirmé que, selon le dernier décompte, seuls 7 civils palestiniens ont été tués à Jénine. De plus, la police d'Israël a dénombré, depuis le lancement en septembre 2000, de la deuxième Intifada, 26 kamikazes palestiniens qui résidaient dans cette ville du nord de la Cisjordanie, considérée comme le centre névralgique du terrorisme.
Dans une lettre adressée au secrétaire d'Etat américain Colin Powell, Shimon Peres explique ainsi que l'équipe de l'ONU doit obtenir un mandat pour se pencher sur les questions de "droit humanitaire international", mais aussi sur "le droit à l'auto-défense et à la lutte contre le terrorisme". Israël veut enfin choisir les soldats et officiers qui témoigneraient devant cette mission de l'ONU et exige que leurs témoignages ne puissent donner lieu à des poursuites pénales. "Nous ne laisserons pas tomber nos soldats face à un organisme étranger, sinon nous aboutirions à une situation où nos soldats et officiers devraient consulter leur avocat à chaque fois qu'ils vont faire leurs périodes de réserve", a ainsi commenté le ministre sans portefeuille Danny Naveh, avant la réunion du cabinet de sécurité.
Pourparlers pour Ramallah
Parallèlement, les discussions entre experts américains et britannique d'une part, responsables palestiniens de l'autre se sont poursuivis pour appliquer dès que possible une proposition américaine qui doit permettre de lever le siège par l'armée du quartier général du président Yasser Arafat à Ramallah. En outre, l'armée israélienne a annoncé avoir achevé l'évacuation de la ville autonome palestinienne de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, qu'elle avait réoccupée lundi matin.
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