© INTERNEUne armée qui soutient un putsch pour le contrer quelques heures plus tard, un patron qui se proclame président et démissionne le lendemain, un président exilé de retour : le Venezuela a connu ces dernières heures rebondissement sur rebondissement. Le président Hugo Chavez, renversé vendredi et détenu depuis sur une île du pays, est donc de nouveau à la tête du pays, après avoir été privé du pouvoir par le patron des patrons, Pedro Carmona, 48 heures auparavant.
Vendredi, putsch
Vendredi, après trois jours d'une grève générale lancée par l'élite et les classes moyennes vénézuéliennes, le président de gauche avait été renversé par un coup d'Etat auquel s'était jointe l'armée. Forcé de démissionner, il avait été aussitôt remplacé par le patron des patrons du pays, Pedro Carmona. Ce dernier s'était alors auto-proclamé président, avait constitué un gouvernement provisoire, dissout l'Assemblée nationale, le Tribunal suprême de justice, et révoqué 49 décrets-lois promulgués dans l'année par son prédécesseur. Hugo Chavez avait été envoyé sur l'île d'Orchila, dans les Caraïbes. Toutes ces décisions avaient reçu le soutien du général Efrain Vazquez, chef de l'armée, qui a ensuite retourné sa veste en quelques heures.
Samedi, contre-putsch
Samedi, des milliers de manifestants pro-Chavez, venus des quartiers les plus démunis de la capitale marchent sur le palais présidentiel de Miraflores. Ils sont accompagnés de tous les ministres du président renversé, ainsi que de nombreux militaires. L'armée a en effet changé de position en quelques heures, critiquant des arrestations arbitraires commandées par le nouveau gouvernement. Les généraux, qui avaient d'abord soutenu le coup d'Etat de Pedro Carmona, dénoncent des abus, et permettent le reversement du nouveau président.
En fin de journée, les membres du nouveau gouvernement quittent le palais par un tunnel. Pedro Carmona démissionne, et Diosdado Cabello, vice-président d'Hugo Chavez, annonce qu'il assurera la présidence par intérim en attendant le retour de ce dernier. Carmona et ses ministres sont arrêtés, une délégation de responsables fidèles à Chavez part chercher l'ancien président pour le ramener à Caracas. Dans la nuit de samedi à dimanche, Chavez prend un hélicoptère. Il arrive au palais présidentiel de Miraflores tôt dimanche matin et est rétabli dans ses fonctions.
Unité
Dans sa première allocution, il appelle la population "à l'unité, dans le respect des différences, à l'entente entre nous". "J'appelle l'Eglise, les patrons, les partis politiques, les directeurs des médias à l'unité" insiste-t-il dans son intervention de 50 minutes devant tous ses ministres et son vice-président, Diosdado Cabello. "Que cette expérience nous serve pour corriger et approfondir le processus" politique en cours dans le pays.
Au moins 40 morts Au moins 40 personnes sont mortes et 323 autres ont été blessées, la plupart par balles, lors des violents incidents survenus depuis jeudi à Caracas. Le bilan final comptera sûrement "plus de victimes car il n'y a toujours pas de fonctionnaires des services de sécurité dans les rues" de la capital. | |
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