© INTERNEEn réponse aux objections du gouvernement d'Israël, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a décidé d'étendre le mandat de la mission d'établissement des faits prochainement envoyés à Jénine et d'y inclure des membres spécialisés de la lutte antiterroriste. A la demande répétée de l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Yehuda Lancry, Kofi Annan a décidé de nommer, outre des experts militaires, l'ancien général américain William Nash, dont le titre passe de conseiller à membre à part entière. Le Premier ministre israélien craignait la composition "politico-diplomatique" de la mission de l'ONU présidée par l'ancien président finlandais Martti Athisaari, incapable selon lui d'évaluer la réalité d'une opération de police antiterroriste de grande envergure autrement qu'à travers le prisme déformant du jugement politique.
Le débat a également porté sur la composition de l'équipe onusienne, dont certains membres sont contestés par Israël, pour avoir par le passé pris des positions déterminantes dans le conflit israélo-palestinien. En outre, Ariel Sharon avait demandé à Kofi Annan de retarder la venue de la mission, conditionnant la coopération d'Israël à la rédaction d'un ordre de mission clair et validé, ne portant que sur la ville de Jénine à proprement parler.
En outre, l'ambassadeur Lancry a obtenu de l'ONU que la mission d'établissement des faits enquête, non seulement sur les agissements des Forces de défense israéliennes, mais également sur les activités terroristes palestiniennes à Jénine "qui sont nées et qui ont prospéré dans le camp de réfugiés, sous le patronage de l'ONU". Selon Yehuda Lancry, Kofi Annan a accédé à la demande israélienne d'inclure "les aspects terroristes" qui ont "amené à l'activité militaire israélienne" dans les attributions de la mission Athisaari. La mission devrait arriver au Proche-Orient d'ici samedi prochain. Une équipe de diplomates israéliens se rend mercredi à New York pour présenter la position de son gouvernement.
Israël dit n'avoir rien à cacher
Dans une interview à Reuters TV, le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a fait valoir qu'Israël n'avait "rien à dissimuler", récusant d'un même geste le terme de "massacre" asséné par les Palestiniens. "Dans l'état actuel de mes connaissances, 50 Palestiniens ont été tués — et je le déplore — : 47 les armes à la main et 3 civils, ce que je regrette encore plus. Les Palestiniens ont perdu 47 combattants, et Israël 23 militaires. Les combats ont été très durs. Peut-on vraiment parler de massacre ?" De fait, une cinquantaine de corps ont été trouvés dans les ruines de certains quartiers de Jénine, alors qu'une équipe de sauveteurs britanniques a quitté mardi le camp de réfugiés, estimant qu'il n'y a plus de survivant. L'équipe de l'ONG RAPID (Rescue and Preparedness in Disaster), spécialisée dans les secours après un séisme, a interrogé les familles de 120 maisons du centre dévasté du camp et s'est déclarée sûre "à 99% qu'il n'y a plus de survivant".
En ville, après le départ de Tsahal, civils, secouristes, journalistes, diplomates et touristes pro-palestiniens prenaient possession des quartiers marqués par neuf jours de combats acharnés. Plusieurs ONG travaillent à déblayer et identifier les éventuels cadavres. Selon les témoins, la vie reprend lentement, alors que selon les estimations environ 200 maisons ont été rendues inhabitables, sur un total de 600 endommagées. Un photographe américain, dont le récit a été publié par le Jerusalem post, a assisté à l'exécution sommaire d'un jeune Palestinien accusé d'avoir "collaboré" avec Israël, devant une foule passive.
Inquiétudes diplomatiques autour d 'Arafat |
Le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé mardi à Israël qu'"aucun mal" ne soit fait au président palestinien Yasser Arafat, et s'est dit préoccupé de son "intégrité physique", a indiqué le président en exercice du Conseil, le Russe Sergueï Lavrov. Dans une déclaration, lue par le diplomate russe, le Conseil se dit aussi "sérieusement préoccupé" par la situation au quartier-général de M. Arafat à Ramallah et demande que "le siège en soit levé afin qu'il retrouve sa liberté de déplacement et puisse assumer ses fonctions". En outre, le responsable de la diplomatie de l'Union européenne Javier Solana et l'envoyé spécial de l'UE au Proche-Orient Miguel Angel Moratinos étaient attendus mercredi à la mi-journée à Tel-Aviv. Les deux hommes visiteront la région pour y rencontrer notamment Yasser Arafat dans son quartier général assiégé. Selon la source européenne, leur programme n'est toujours pas arrêté car tous deux souhaitent également voir le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Il semble toutefois acquis qu'ils rencontreront en fin d'après-midi le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer puis le chef de la diplomatie Shimon Peres. |
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