© INTERNELe justice d'Israël réclamait qu'ils lui soient livrés, l'Autorité palestinienne les a jugés. Un tribunal militaire spécial, réuni dans l'enceinte assiégée du QG de l'Autorité palestinienne à Ramallah, a clos jeudi le procès des quatre responsables de l'assassinat du ministre israélien du Tourisme Rehavam Ze'evi, en les condamnant à des peines allant de 18 ans à un an de prison. La décision a été ratifiée par Yasser Arafat, qui se trouve toujours dans son bureau, sous la protection de sa garde rapprochée et en présence de quelques uns de ses ministres. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a estimé que "leur jugement est pour le moins bizarre". "On aurait pu éviter de les juger, car de toutes façons, nous exigerons leur extradition et ils seront traduits en justice en Israël", a-t-il dit.
Depuis le retrait des Forces de défense israéliennes des zones autonomes de Cisjordanie, le siège du palais de la Moukataa de Ramallah est, avec la Basilique de la Nativité de Bethléem, le dernier point de crispation où les blindés israéliens maintiennent leur position en attendant qu'une solution politique soit trouvée. L'état-major israélien et le ministère de la Défense répètent depuis plusieurs jours que la condition sine qua non pour lever le siège de la Moukataa est que les quatre hommes soient livrés à la justice. L'Autorité palestinienne n'avait pas donné suite à cette demande, tout en lançant le procès des quatre hommes identifiés par le Shin Beth à l'intérieur même du complexe présidentiel.
Sharon se livre au New York Times
Parallèlement, Ariel Sharon a révélé, dans une interview au New York Times, que son fils Omri avait rencontré samedi dernier le conseiller économique de Yasser Arafat, Mohamed Rashid, afin d'obtenir des assurances de l'Autorité palestinienne sur ses efforts pour ramener le calme, notamment dans la bande de Gaza. De telles assurances ont été données, selon le Premier ministre israélien, mais "le terrorisme s'est intensifié… Ils n'ont pris aucune mesure." De fait, des incidents répétés ont été signalés un peu partout dans la bande de Gaza. Des commandos palestiniens armés de Kalachnikov et de grenades ont plusieurs fois, en vain, tenté de s'infiltrer dans l'enceinte d'implantations israéliennes. Plusieurs kamikazes ont été arrêtés avant d'avoir pu passer à l'action. Plusieurs attentats, qui n'ont pas fait de victimes israéliennes, ont été commis à des checkpoints de Tsahal ou au passage de soldats.
Ariel Sharon, tout en réaffirmant qu'il pensait "que personne ne parviendrait à faire la paix" avec le président palestinien aux commandes, a offert que Yasser Arafat quitte Ramallah pour son QG de Gaza, à condition qu'il ne soit pas accompagné par des hommes recherchés par Israël pour terrorisme. Les Palestiniens ont rejeté cette proposition, estimant qu'elle "va à l'encontre de tous les accords (israélo-palestiniens) qui disent que la bande de Gaza et la Cisjordanie forment une seule région".
Enfin, Ariel Sharon a révélé qu'il avait donné sa parole au président américain George W. Bush qu'Israël ne s'en prendrait pas à l'intégrité physique de Yasser Arafat. Et que c'était la raison pour laquelle les soldats de Tsahal n'avaient pas pris d'assaut les bureaux du président palestinien pour y interpeller les quatre membres du FPLP, dont l'organisation, basée à Damas, avait revendiqué l'assassinat en octobre dernier du ministre Ze'evi, dans les couloirs d'un hôtel de Jérusalem.
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