© INTERNEDeux longues réunions de négociations sur le siège de la Basilique de la Nativité de Bethléem n'ont donné aucun résultat, mardi après-midi. Un nouveau rendez-vous est prévu pour mercredi. Parallèlement, des informations croisées font état d'un climat très dur à l'intérieur des bâtiments où sont retranchés au moins 200 Palestiniens armés, dont 30 hommes identifiés par Israël comme étant des membres actifs de groupes terroristes. De fait, trois prêtres arméniens se sont enfuis mardi du sanctuaire chrétien, faisant état auprès des forces israéliennes de scènes éprouvantes à l'intérieur des bâtiments.
La reddition ou l'exil
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Le maire de Bethléem Hana Nasser, qui a parlé au nom des Palestiniens, a affirmé que les Israéliens ne "rejettent plus la proposition d'expulser les Palestiniens en question [recherchés par Israël, NDLR] vers la bande de Gaza". Les négociateurs palestiniens ont également expliqué qu'une liste des hommes concernés par cette éventuelle expulsion était en discussion et serait à nouveau évoquée. Un porte-parole de l'armée israélienne a refusé de démentir ou confirmer cette information.
Conditions en série
Une première séance de négociation avait été prévue jeudi dernier, mais, selon des sources officielles palestiniennes, elle avait été annulée sur ordre personnel de Yasser Arafat. Des sources gouvernementales israéliennes indiquent que la partie palestinienne avait invité sans prévenir l'ambassadeur de Suisse à participer aux négociations, sans en avertir Israël. Devant le refus catégorique de l'armée israélienne de faire sortir ces pourparlers du "strict cadre militaire", Yasser Arafat aurait décidé de les annuler purement et simplement. De plus, l'Autorité palestinienne a expliqué à maintes reprises ces dernières semaines qu'elle refuserait toute négociation tant que les unités des IDF n'auraient pas quitté les zones sous souveraineté palestinienne, selon les accords d'Oslo.
Enfin, afin de contrer les velléités du gouvernement Sharon de court-circuiter Yasser Arafat et son exécutif en s'appuyant sur les chefs locaux, l'Autorité palestinienne a annoncé mardi qu'elle interdisait aux municipalités, aux conseils de villages, aux institutions publiques et privées et aux citoyens palestiniens tout contact avec "les autorités d'occupation israéliennes". Ce communiqué a été publié quelques minutes après la fin des contacts autour de la Basilique, mardi après-midi.
"Please help"
Entre-temps, trois prêtres arméniens étaient parvenus à s'enfuir, après avoir pris contact avec les soldats israéliens qui maintiennent leurs positions d'observation autour de la Basilique. En milieu de matinée, les sentinelles des IDF avaient signalé que des hommes avaient brandi une pancarte "Please help" depuis le toit de l'église. Exfiltrés, il ont décrit une situation "terrible" à l'intérieur du bâtiment, où, selon leurs dires, plusieurs civils sont retenus en otages par les hommes armés. "Les relations entre les prêtres et les hommes armés sont très dures et beaucoup veulent être libérés", a expliqué le porte-parole militaire israélien à Bethléem, après avoir rencontré les trois religieux. Selon leurs témoignages, plusieurs civils auraient en outre été battus et des objets en or dérobés des autels. Une conférence de presse avait été prévue dans un premier temps, mais a finalement été annulée.
Peres reprend la main : les diplomates reviennent |
Le responsable de la diplomatie européenne Javier Solana et l'envoyé spécial de l'Union européenne au Proche-Orient Miguel Angel Moratinos vont partir mardi soir pour rencontrer le président palestinien Yasser Arafat à Ramallah. Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres, soucieux de rependre la main diplomatique après qu'Ariel Sharon eut déclaré terminée la première phase militaire de Tsahal, avait indiqué dans la matinée que la délégation de l'UE, qui n'avait pas été autorisée à rencontrer le dirigeant palestinien Yasser Arafat début avril, pourrait désormais le voir si elle revenait en Israël. Le ministère grec des Affaires étrangères a par ailleurs fait savoir que les chefs de la diplomatie grec et turc, MM. Georges Papandréou et Ismaïl Cem, rivaux historiques, allaient effectuer jeudi une visite commune en Israël et dans les territoires palestiniens, où ils rencontreront le président Arafat et le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Ils seraient porteurs d'une "nouvelle approche" du conflit. |
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