Pourparlers en tous sens au Proche-Orient

Par Léonard VINCENT, le 26 avril 2002 à 11h29 , mis à jour le 26 avril 2002 à 11h30

Alors que les négociations entre Israël et l'ONU pour l'envoi de la mission de recherche à Jénine sont retardées, les pourparlers engagées autour de la Basilique de la Nativité avancent. Ariel Sharon reste inflexible, avant de lever le siège du palais présidentiel de Ramallah.

vignette proche orient proche-orient israel palestine © INTERNE

Après la fin de la phase offensive de l'opération "Mur défensif" dimanche, des négociations se sont engagées tous azimuts au Proche-Orient pour décrisper les derniers points de blocage. Diplomates et responsables politiques israéliens et palestiniens s'attèlent sur trois dossiers majeurs : le siège de la Basilique de la Nativité à Bethléem, le maintien en respect du palais de la Moukataa à Ramallah et les pourparlers autour de la mission de l'ONU à Jénine.

Israël a demandé un nouveau report de cette mission d'établissement des faits à Jénine, vendredi après-midi, "jusqu'à la fin des discussions engagées et jusqu'à ce qu'il ait obtenu des éclaircissements sur les points problématiques" de la part du bureau du secrétariat de l'ONU, affirme un communiqué du bureau d'Ariel Sharon. "L'interprétation du mandat de cette équipe chargée de l'établissement des faits transmise à Israël ne correspond pas à la décision du Conseil de sécurité de l'ONU", indique également ce communiqué.

La délégation diplomatique israélienne, arrivée jeudi à New York, semblait sur le point d'obtenir quelques avancées, alors que la mission devait partir pour le Proche-Orient dans le courant du week-end. On parlait même d'accord "imminent". Le gouvernement d'Israël veut non seulement que le mandat de la mission soit limité à Jénine et que s'y adjoignent des experts en contre-terrorisme, mais également que l'équipe dépêchée par Kofi Annan s'intéresse autant aux réseaux terroristes qui avaient fleuri en ville qu'aux agissements des Forces de défense israéliennes, lors de l'opération de police militaire lancée le 29 mars. De plus, la délégation israélienne exige que les témoins interrogés par l'équipe onusienne puissent bénéficier d'une immunité et que leurs récits ne puissent être utilisés par la justice.

Avancées à Bethléem, stagnation à Ramallah

Si au siège des Nations unies à New York, on parle d'un accord "imminent", à Bethléem et Ramallah, la situation est encore incertaine. La situation autour du QG de Yasser Arafat risque d'autant plus de stagner qu'Ariel Sharon est resté inflexible, jeudi, après qu'un tribunal militaire réuni dans l'enceinte présidentielle eut jugé et condamné quatre responsables du FPLP, impliqués dans l'assassinat du ministre israélien Rehavam Ze'evi, en octobre dernier. Le gouvernement Sharon continue d'exiger que les assassins soient livrés à la justice d'Israël, le meurtre ayant eu lieu dans un hôtel de Jérusalem. De plus, l'Autorité palestinienne n'a pas répondu à la demande d'extradition du financier Fouad Shoubaki, retranché lui aussi dans la Moukataa et accusé d'être l'une des plus importantes courroies de transmission entre les groupes terroristes et le gouvernement Arafat.

A Bethléem, alors que le siège de la Basilique de la Nativité entre dans son 24ème jour, les négociations continuent, entre les officiers israéliens et l'équipe réunie autour du maire palestinien de la ville. Au terme d'un accord mutuel, neuf jeunes palestiniens et trois prêtres avaient pu sortir du complexe religieux, jeudi soir. Les adolescents, âgés de 14 à 19 ans, avaient été aussitôt interrogés par les autorités militaires israéliennes, qui souhaitaient connaître la situation à l'intérieur de la Basilique et confirmer l'identité d'une trentaine d'hommes identifiés comme étant des membres de groupes terroristes. Alors que les Palestiniens menaçaient de suspendre toute nouvelle séance de négociation tant qu'ils ne seraient pas relâchés, huit d'entre eux sont retournés dans leur famille vendredi matin, l'un d'eux ayant été transféré au Shin Beth pour de plus amples interrogatoires.

Entre-temps, le chef des négociateurs palestiniens a été autorisé à se rendre à Ramallah pour faire valider le résultat des négociations par Yasser Arafat, affirmant en outre que toute transaction nécessitait son aval.

Bush pour un retrait sans conditions

"Israël doit achever son retrait, ce qui doit inclure une solution non-violente à Ramallah et Bethléem, a déclaré le président américain George W. Bush à la presse à l'issue du sommet avec le prince hériter d'Arabie saoudite Abdallah. L'Autorité palestinienne doit faire plus pour arrêter le terrorisme", a également indiqué M. Bush. Il a qualifié de "très cordiale" sa rencontre avec le prince héritier saoudien, qui, selon lui, "a confirmé la relation solide entre l'Arabie saoudite  et les Etats-Unis". M. Bush a également indiqué que son invité lui avait dit "clairement que l'Arabie saoudite n'utiliserait pas l'arme pétrolière" pour influer sur la politique américaine au Proche-Orient, vue comme partiale en faveur d'Israël. La rencontre entre les deux hommes, dans le ranch du président américain au Texas, a duré près de cinq heures, soit plus longtemps qu'initialement prévu.

D'autre part, on apprenait que le ministre israélien des Affaires étrangères israélien Shimon Peres avait tenté en vain de rencontrer son homologue saoudien, samedi dernier à New York. M. Peres souhaitait demander à Saoud al-Fayçal de faire pression sur Yasser Arafat pour qu'il s'engage fermement dans la lutte anti-terroriste. Mais les Saoudiens auraient refusé, selon le quotidien israélien Ha'aretz, qui relate la tentative ratée du chef de la diplomatie d'Israël.

Par Léonard VINCENT le 26 avril 2002 à 11:29
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