Powell reporte sa rencontre avec Arafat

Par Léonard VINCENT, le 13 avril 2002 à 11h26 , mis à jour le 12 avril 2002 à 11h29

Suite à l'attentat de Jérusalem, Colin Powell a décidé de ne pas rencontrer Yasser Arafat ce samedi. Mais une entrevue pourrait avoir lieu dimanche. Vendredi, le secrétaire d'Etat américain s'était efforcé de négocier avec Ariel Sharon un accord sur la durée de l'offensive de Tsahal.

Photo : Jack Guez (AFP) © INTERNE

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a annulé sa rencontre prévue samedi avec le président palestinien Yasser Arafat, après l'attentat suicide de Jérusalem, qui a fait six morts, outre son auteur, a indiqué vendredi le porte-parole du département d'Etat. Selon un haut responsable américain, la rencontre pourrait toutefois avoir lieu dimanche. La Maison Blanche a exigé d'Arafat qu'il condamne l'attentat de Jérusalem : pour George W. Bush, le président de l'Autorité palestinienne doit "manifester sont aptitude à diriger", en proclamant son renoncement au terrorisme, "bientôt, sinon aujourd'hui".

Colin Powell avait entamé vendredi matin son indébrouillable mission de conciliation au Proche-Orient. Une mission qui devrait durer "aussi longtemps que nécessaire", selon le principal intéressé.

Aucun accord public

Conflit israélo-palestinien

Pour sa première réunion de la journée de vendredi, le secrétaire d'Etat américain a rencontré Ariel Sharon dans sa résidence de Jérusalem. A l'issue de cette réunion, Colin Powell a rencontré les membres du cabinet de sécurité israélien, dont font partie le chef de la diplomatie Shimon Peres, de plus en plus pressé de réagir face aux violences faites au processus de paix, et le ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer, par ailleurs président du parti travailliste.
 
Au cours de la brève conférence de presse qui a suivi ces rendez-vous de quatre heures, Ariel Sharon a annoncé qu'Israël "espérait" que sa "guerre contre les infrastructures terroristes palestiniennes" allait se "terminer bientôt". Colin Powell, de son côté, a affirmé qu'il s'efforçait dans un premier temps de négocier un accord sur la durée de l'opération, mais qu'il n'avait pas obtenu de "réponse précise sur le moment".
 
Le ton d'Ariel Sharon était plus dur quelques heures plus tard. Interrogé par la chaîne de télévision américaine CBS, il a déclaré qu'avec Arafat "nous ne pouvons pas parvenir à un règlement. Aussi, je pense qu'il faudrait faire l'effort de trouver quelqu'un d'autre, avec lequel ce serait possible". "Personne ne nous forcera à prendre des décisions ou résolutions qui pourraient affecter notre avenir," a-t-il ajouté : "Cette nation est forte. Bien plus forte que ne le pensent nos ennemis".

"Préoccupation" pour la situation humanitaire

Colin Powell a fait part samedi de sa "préoccupation" au sujet de la situation humanitaire en Cisjordanie, notamment dans le camp de réfugiés de Jénine, et appelé l'armée israélienne à faire preuve de "la plus grande retenue". Dans un communiqué, M. Powell a ainsi demandé aux Israéliens à "respecter les principes humanitaires internationaux". "Les forces israéliennes doivent exercer la plus grande retenue et discipline et s'empêcher de faire un usage excessif de la force lors des opérations militaires afin de permettre la protection des civils et d'éviter une dégradation des conditions déjà graves dans les zones palestiniennes", a-t-il déclaré.

Par Léonard VINCENT le 13 avril 2002 à 11:26
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