© INTERNELe gouvernement israélien a autorisé jeudi soir le médiateur américain Anthony Zinni à rencontrer le président Yasser Arafat, isolé dans son bureau de Ramallah.
Dans l'attente de la venue de Colin Powell (voir ci-contre), son objectif serait de persuader Yasser Arafat d'accepter sans conditions sa récente proposition pour un cessez-le-feu et un mécanisme de mise en œuvre du plan Tenet. Si le travailliste Shimon Peres s'est dit "personnellement favorable" à une telle tentative, les ministres de droite du cabinet d'union nationale s'y opposent.L'Etat hébreu avait accepté le texte élaboré par Anthony Zinni la semaine dernière. Mais l'Autorité palestinienne l'avait rejeté dans un premier temps, estimant que les intentions premières du directeur de la CIA, George Tenet, avait été "distordues" en faveur d'Israël, exigeant beaucoup plus des Palestiniens que des Israéliens.
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Mofaz demande l'expulsion d'Arafat
Entre-temps, le chef d'état-major de Tsahal, le général Shaul Mofaz, a proposé au gouvernement de pousser Yasser Arafat à l'exil forcé. "Arafat est à la tête de l'Autorité palestinienne qui encourage, finance, et entraîne les terroristes. Dans ces conditions, il vaut mieux qu'il soit expulsé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Mais s'il aurait le feu vert d'Ariel Sharon, le commandant suprême des Forces de défense israéliennes s'est heurté à l'opposition catégorique du ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer, ainsi qu'à celle du comité de coordination des opérations, composé de responsables du renseignement militaire.
En outre, convoqués à la hâte mercredi soir, les ministres des Affaires étrangères des l'Union européenne ont décidé d'envoyer une délégation de haut niveau en Israël, chargée d'appuyer l'application de la résolution 1402 du Conseil de sécurité de l'ONU, exigeant un cessez-le-feu bilatéral. Si elle a été reçue par de hauts responsables gouvernementaux israéliens, cette mission, annoncée en termes fermes par l'UE depuis Luxembourg, n'a toutefois pas autorisée à rencontrer Yasser Arafat, selon les voeux d'Ariel Sharon, soutenu par Shimon Peres. La délégation européenne, qui a repris l'avion "en urgence" jeudi soir, est présidée par le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué, dont le pays préside l'UE, et comprenait le Haut représentant européen pour les Relations extérieures, Javier Solana.
Marge de manoeuvre réduite
Selon le quotidien Ha'aretz, certains responsables gouvernementaux israéliens auraient compris que l'Etat hébreu ne disposaient de toute façon plus que de "48 à 72 heures" pour compléter l'opération militaire "Mur défensif", lancée vendredi dernier. Par la suite, les pressions médiatiques et diplomatiques deviendraient trop fortes pour maintenir en l'état la détermination politique et l'étau militaire. Le discours très ferme de George W. Bush, jeudi soir, est venu confirmer ces craintes.
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