Ruades diplomatiques contre Israël

Par Léonard VINCENT, le 04 avril 2002 à 00h00 , mis à jour le 04 avril 2002 à 16h47

L'émissaire américain Anthony Zinni a obtenu l'autorisation de rencontrer Yasser Arafat dans son QG de Ramallah. Entre-temps, la délégation européenne a quitté Israël, sans avoir pu rencontrer le président palestinien.

israel palestine anthony zinni conference de presse © INTERNE

Le gouvernement israélien a autorisé jeudi soir le médiateur américain Anthony Zinni à rencontrer le président Yasser Arafat, isolé dans son bureau de Ramallah. Dans l'attente de la venue de Colin Powell (voir ci-contre), son objectif serait de persuader Yasser Arafat d'accepter sans conditions sa récente proposition pour un cessez-le-feu et un mécanisme de mise en œuvre du plan Tenet. Si le travailliste Shimon Peres s'est dit "personnellement favorable" à une telle tentative, les ministres de droite du cabinet d'union nationale s'y opposent.

L'Etat hébreu avait accepté le texte élaboré par Anthony Zinni la semaine dernière. Mais l'Autorité palestinienne l'avait rejeté dans un premier temps, estimant que les intentions premières du directeur de la CIA, George Tenet, avait été "distordues" en faveur d'Israël, exigeant beaucoup plus des Palestiniens que des Israéliens.

Bush : "Assez, c'est assez"

Dans un discours solennel, le président américain a défini la position américaine face au conflit du Proche-Orient. Dénonçant en termes très durs le terrorisme palestinien, il a appelé Israël à se retirer des villes occupées. Lire l'article.

Conflit israélo-palestinien

Les rumeurs en provenance de la présidence du Conseil font état d'une possible acceptation par Ariel Sharon de cette mission de la dernière chance, alors que le département d'Etat américain et la Maison Blanche pressent de plus en plus Israël de faire preuve de souplesse. Entremêlant les menaces du prince hériter d'Arabie saoudite d'annuler une prochaine visite aux Etats-Unis, les mises en garde de l'Egypte et de la Jordanie contre la déstabilisation de leur régime par une rue soulevée d'indignation et la propre lassitude américaine fasse à une opération militaire qui n'est pas comprise dans le monde occidental, les arguments américains semblent convaincre. "Le gouvernement israélien a toujours affirmé qu'il aiderait au succès de la mission de Zinni. Le but de l'émissaire américain est de discuter des conditions d'un arrêt des combats de la part des Palestiniens", a déclaré jeudi un responsable anonyme du bureau d'Ariel Sharon.

Mofaz demande l'expulsion d'Arafat

Entre-temps, le chef d'état-major de Tsahal, le général Shaul Mofaz, a proposé au gouvernement de pousser Yasser Arafat à l'exil forcé. "Arafat est à la tête de l'Autorité palestinienne qui encourage, finance, et entraîne les terroristes. Dans ces conditions, il vaut mieux qu'il soit expulsé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Mais s'il aurait le feu vert d'Ariel Sharon, le commandant suprême des Forces de défense israéliennes s'est heurté à l'opposition catégorique du ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer, ainsi qu'à celle du comité de coordination des opérations, composé de responsables du renseignement militaire.

En outre, convoqués à la hâte mercredi soir, les ministres des Affaires étrangères des l'Union européenne ont décidé d'envoyer une délégation de haut niveau en Israël, chargée d'appuyer l'application de la résolution 1402 du Conseil de sécurité de l'ONU, exigeant un cessez-le-feu bilatéral. Si elle a été reçue par de hauts responsables gouvernementaux israéliens, cette mission, annoncée en termes fermes par l'UE depuis Luxembourg, n'a toutefois pas autorisée à rencontrer Yasser Arafat, selon les voeux d'Ariel Sharon, soutenu par Shimon Peres. La délégation européenne, qui a repris l'avion "en urgence" jeudi soir, est présidée par le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué, dont le pays préside l'UE, et comprenait le Haut représentant européen pour les Relations extérieures, Javier Solana.

Marge de manoeuvre réduite

Selon le quotidien Ha'aretz, certains responsables gouvernementaux israéliens auraient compris que l'Etat hébreu ne disposaient de toute façon plus que de "48 à 72 heures" pour compléter l'opération militaire "Mur défensif", lancée vendredi dernier. Par la suite, les pressions médiatiques et diplomatiques deviendraient trop fortes pour maintenir en l'état la détermination politique et l'étau militaire. Le discours très ferme de George W. Bush, jeudi soir, est venu confirmer ces craintes.

Par Léonard VINCENT le 04 avril 2002 à 00:00
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