Pi Glilot, la catastrophe qui n’a pas eu lieu

Par Léonard VINCENT, le 24 mai 2002 à 16h06 , mis à jour le 23 mai 2002 à 16h13

L'attentat manqué, jeudi matin en Israël, contre un dépôt pétrolier de la banlieue de Tel-Aviv aurait pu être comparé à un deuxième 11-septembre. Le site était sous surveillance et ce n'est qu'une conjugaison de prévention et de chance qui a évité une catastrophe majeure.

israel pi glilot camion brule 23 mai 2002 © INTERNE

A l’évidence, une catastrophe majeure a été évitée d’extrême justesse, jeudi matin, sur le site pétrolier israélien de Pi Glilot, dans la banlieue nord de Tel-Aviv. Un engin explosif actionné par téléphone portable, placé sur le chassis d’un camion-citerne venu faire le plein, a immédiatement incendié le véhicule et les flammes n’ont été maîtrisées que grâce au système automatique de prévention du feu et à la réactivité des pompiers. Les autorités locales, conscientes d’être passées à côté d’un désastre aux proportions cauchemardesques, ont immédiatement donné leur sentiment de soulagement et les informations ont filtré toute la journée, dans la presse israélienne, sur les conséquences que la réussite de cette attaque auraient pu avoir.

Une enquête minutieuse et précise

Le choc a été d’autant plus grand en Israël que, croyant dans un premier temps à un accident durant le transfert de l’essence de la citerne au camion, la police israélienne a compris très vite qu’il s’agissait d’un attentat en détectant des traces d’explosifs dans la carcasse. D’après les premières conclusions de l’enquête, le camion-citerne avait passé la nuit dans la banlieue de Holon, avant d’être amené à Pi Glilot par un chauffeur, désormais interrogé sans relâche par le Shin Beth et la police israélienne. Apparemment, selon le directeur de la police du district de Tel-Aviv, si un autre type de carburant avait été utilisé, la catastrophe aurait bien eu lieu.

Et, selon l'analyse du quotidien Ha'aretz, Zafrir Rinat, l'explosion n'aurait pas seulement provoqué une énorme boule de feu détruisant le site pétrolier, mais aurait donné naissance à une gigantesque onde de choc, qui aurait tout détruit sur plusieurs kilomètres : automobiles, maisons, immeubles, lignes électriques. Les victimes se compteraient "par milliers".

Haute surveillance à défaut de délocalisation

Pi Glilot, où 3.000 tonnes d’essence sont stockées dans une zone entourée de résidences et d’autoroutes, était d’ailleurs sous étroite surveillance. Le dispositif de sécurité avait été renforcé après le déclenchement de la deuxième Intifada et un exercice avait même été mené, en 1999, afin de tester la réaction des services de police et de secours, en cas d’attaque. L’évacuation des 20.000 résidents des environs avait été planifiée, dans un rayon de 2 kilomètres. Une alerte à l'attaque terroriste avait été récemment diffusée sur le site et la surveillance était à son maximum. Mais le subterfuge de jeudi matin était difficile à déjouer.

Les gouvernements et les observatoires gouvernementaux avaient même élaboré plusieurs plans de relocalisation du site pétrolier, en raison du risque terroriste. Mais les enjeux économiques avancés par les responsables locaux semblent avoir eu plusieurs fois raison de la détermination d’Israël, alors que, peu après le 11 septembre, le ministre de l’Environnement d’Ariel Sharon avait écrit à son Premier ministre pour demander le déménagement de Pi Glilot.

UN AUTRE ATTENTAT ÉVITÉ

Un kamikaze palestinien est mort vendredi matin en faisant exploser la bombe qu'il portait sur lui, à l'extérieur d'une discothèque au sud de Tel Aviv, après avoir essuyé des coups de feu de la part d'un vigile, a annoncé la radio de l'armée israélienne. Le vigile, qui travaillait pour la discothèque "The Columbarian" de Tel Aviv, a aperçu une voiture suspecte qui se dirigeait vers l'entrée du club et a ouvert le feu sur le conducteur, entraînant une importante explosion, selon la radio. Outre le Palestinien mort, deux passants ont été blessés, dont un souffrant de blessures légères et l'autre de l'effet de souffle de l'explosion, a ajouté la radio.

Par Léonard VINCENT le 24 mai 2002 à 16:06
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