© INTERNEL'administration américaine s'engage de nouveau dans le chaudron diplomatique du Proche-Orient, en dépêchant sur place plusieurs hauts responsables diplomatiques et sécuritaires, afin d'aménager le terrain pour une initiative nouvelle. Parallèlement, les Etats-Unis supervisent les réformes de l'Autorité palestinienne promises par Yasser Arafat. Mais le président américain et son secrétaire d'Etat Colin Powell semblent n'avoir pas encore pris de décision quant à la perspective finale qu'ils favoriseront.
Réoccupation de Naplouse L'armée israélienne a réoccupé la plus grande partie de la ville autonome palestinienne de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, durant une vaste incursion dans la nuit de jeudi à vendredi. Des unités d'infanterie de parachutistes et du génie, appuyées par des blindés et survolées par des hélicoptères d'assaut, ont pénétré de diverses directions dans la zone urbaine, occupant le camp de réfugiés de Balata. L'armée a pris le contrôle de la plupart des quartiers, évitant toutefois la vieille ville. A Balata, des échanges de tirs ont été signalés. De source militaire, on affirme qu'il s'agit d'une "opération ponctuelle", limitée dans le temps et l'espace, destinée à arrêter des Palestiniens impliqués dans des récentes attaques contre des colonies juives proches de Naplouse ou des attentats suicide en Israël.
Un proche conseiller d'Hosni Moubarak a entamé jeudi une visite en Israël pour des rencontres avec l'essentiel du gouvernement, tandis que le président égyptien doit se rendre à Camp David du 7 au 8 juin pour des conversations avec George W. Bush. Paralèllement, le secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient William Burns est arrivé jeudi en Israël, pour des discussions avec Yasser Arafat, Ariel Sharon, le ministre israélien de la Défense Benyamin Ben Eliezer et le chef de la diplomatie Shimon Peres. Au Caire, jeudi, il a dénoncé les "humiliations quotidiennes dont souffrent les Palestiniens", tout en appelant de ses vœux "de grands efforts pour restaurer un sentiment d'espoir." Samedi, le directeur de la CIA George Tenet devrait arriver dans la région, pour rencontrer à la fois les responsables sécuritaires israéliens et palestiniens.
Arrêter ou gérer ?
Stratégie globale de fin de conflit ou simple gestion de la crise ? Telle est la question à laquelle les Américains n'ont pas encore répondu. En effet, si la "vision" de deux Etats voisins de George W. Bush est toujours d'actualité, les Etats-Unis hésitent encore à proposer un plan global de paix, comme l'ont fait, en vain, Ronald Reagan et Bill Clinton. Car non seulement le Premier ministre israélien s'oppose à tout autre chose qu'un accord intérimaire, mais George W. Bush ne veut pas risquer sa crédibilité en échouant de manière spectaculaire, comme son prédécesseur Clinton avec Camp David II, en juillet 2000. L'idée de l'établissement d'un calendrier de travail est toutefois dans l'air, malgré, là encore, l'opposition d'Ariel Sharon.
Entre-temps, le Haut représentant européen à la politique extérieure Javier Solana est arrivé mercredi en Egypte, première étape d'une tournée régionale. Son objectif est d'aider les Américains à établir les conditions d'une conférence internationale et à déterminer les contours d'une future administration palestinienne plus transparente et contrôlable. Toutefois, le New York Times croyait savoir mercredi que l'administration cherchait les moyens de retarder la tenue de cette conférence, initialement prévue cet été. Les missions diplomatiques américaines de ces jours-ci serviront à documenter Washington sur le bien-fondé d'une telle conférence et la bonne foi des participants.
Réformes obligées
Car, hormis la sécurité d'Israël, gravement mise à mal par les attentats sanglants de ces dernières semaines, l'autre question brûlante pour les chancelleries occidentales est celle de la réforme de l'Autorité palestinienne. Selon le quotidien israélien Ha'aretz, William Burns et George Tenet s'enquiéreront auprès de Yasser Arafat des réformes envisagées de l'Autorité palestinienne. Et sans doute s'efforceront-ils aussi de persuader le gouvernement d'Israël de rester en dehors de ces efforts, afin que les changements n'apparaissent pas comme des concessions à l'Etat hébreu.
Une nouvelle constitution pour l'Autorité palestinienne |
Le président palestinien Yasser Arafat a promulgué mardi la loi fondamentale, ou Constitution, de l'Autorité palestinienne, a annoncé mercredi le chef de la commission des lois du Conseil législatif palestinien, Abdelkarim Abou Salah. Cette loi avait été approuvée par le Conseil législatif en 1997, qui l'avait transmise peu après à M. Arafat pour qu'il la promulgue. La loi fondamentale, texte réglementaire qui définit les pouvoirs de l'Autorité palestinienne et du Conseil législatif, avait été approuvée en octobre 1997 à la quasi unanimité des 88 membres de ce Conseil. Mais M. Arafat n'avait jamais promulgué cette loi, qu'il aurait pourtant dû signer dans les deux semaines suivant son adoption par le parlement. La promulgation de cette loi "est intervenue très tard mais c'est un pas très important avant l'adoption des autres réformes", a dit M. Abou Salah. "Il s'agit d'un saut qualitatif dans l'établissement d'un Etat de droit", a-t-il ajouté. Cette promulgation intervient deux semaines après la signature d'une nouvelle loi créant un pouvoir judiciaire indépendant et s'inscrit dans le cadre de la politique de réformes de l'Autorité palestinienne promises par M. Arafat. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




