11 septembre : Bush en savait-il assez ?

Par C.A., le 17 mai 2002 à 09h01 , mis à jour le 17 mai 2002 à 09h03

En deux jours, une nouvelle polémique a enflammé la politique américaine, alors que la Maison Blanche a reconnu avoir été prévenue d’éventuels détournements d’avions avant le 11 septembre. Le président s'est défendu de n'avoir pas suffisamment réagi.

bush 30mars © INTERNE

Huit mois après les terribles attentats du 11 septembre, de dérangeantes révélations font boullir de colère le Congrès américain, embarassent l’administration Bush, et suscitent de nombreuses et troublantes questions. Dans quelle mesure l’administration Bush était-elle au courant d’éventuelles menaces ? A-t-elle été, suite à ces informations, assez vigilante ? Pourquoi ne révèle-t-elle que maintenant, près d’un an après les attentats, qu’elle en savait plus qu’on ne le pensait ?

Avertie d'éventuels détournements

Cette nouvelle polémique est née suite à certains aveux de la Maison Blanche, qui a reconnu avoir été avertie au mois d’août 2001 des dangers accrus de détournements d’avions par Al Qaïda, le réseau terroriste d’Oussama ben Laden. Aussitôt, des responsables parlementaires, démocrates mais aussi républicains, ont exprimé leur colère et exigé des explications plus détaillées. L’administration Bush a alors dépêché Condoleeza Rice, conseillère présidentielle pour la sécurité nationale, qui a nuancé ces révélations. Selon elle, le rapport invoqué "faisait mention de détournements d'avions, mais dans un sens traditionnel, avec prise d'otages et exigence de libération d'un de leurs responsables".

Mais ce rapport ne constitue pas la seule révélation, et le Congrès a de nombreux autres griefs. La chaîne de télévision NBC révèle que le 9 septembre, soit deux jours avant les attentats, Bush s'était vu remettre un "plan de bataille détaillé" pour le démantèlement des réseaux Al-Qaïda. Ce plan ressemblait à celui mis en place après le 11 septembre, comprenant une collaboration internationale, des actions de renseignements, des pressions diplomatiques et le gel de comptes bancaires. NBC précise que les terroristes n'ont pas laissé le temps au président de signer certte directive.

Bush se défend

Tout aussi troublant, l'aveu du FBI, qui a reconnu qu'une demande d'enquête sur l'entrainement au pilotage de ressortissants du Moyen-Orient, lancée bien avant le 11 septembre, était restée lettre morte. Elle n'avait en particulier pas été communiquée aux enquêteurs interrogeant alors le Français Zacarias Moussaoui, qui avait été arrêté dans le Minessota après avoir éveillé des soupçons de responsables d'une école d'aviation.

Signe que la polémique a atteint un niveau élevé, George W. Bush s'est défendu lui-même vendredi. "Si j'avais su que l'ennemi allait utiliser des avions pour tuer lors de ce matin fatidique, j'aurais fait tout en mon pouvoir pour protéger les Américains". Il a également indirectement accusé les dirigeants démocrates au Congrès de chercher à jeter de l'huile sur le feu et à politiser l'affaire. "Ce qui est intéressant à propos de Washington, c'est que dans cette ville les gens ont malheureusement pour seconde nature d'avoir des soupçons sur tout", a déclaré M. Bush en défendant son attitude, et en soulignant qu'il entendait "utiliser toute la puissance des Etats-Unis pour protéger le peuple américain".

Par C.A. le 17 mai 2002 à 09:01
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