© INTERNEChaque jour, la polémique post-11 septembre grandit un peu plus ; chaque jour, de nouvelles révélations sur les dysfonctionnements des services de renseignement américains font les gros titres des journaux. Devant ces remises en cause, George W. Bush devait s'adresser jeudi soir aux Américains en direct à la télévision, à 20 heures locales, soit 3 heures du matin, heure française. Une intervention au cours de laquelle il devait annoncer une réforme des services pour la sécurité intérieure et le renseignement, la plus vaste du genre depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le bureau pour la sécurité intérieure, créé à la suite des attentats, sera, selon CNN, transformé en véritable ministère doté de pouvoirs plus étendus et une nouvelle agence de renseignements sera créée.
Parallèlement, le président américain s’efforce de rassurer ses concitoyens sur l’efficacité du renseignement américain. FBI et CIA se livrent en effet à un duel fratricide par journaux interposés, chaque agence accusant l’autre de porter la plus grande responsabilité dans l’échec des Etats-Unis à prévenir les attentats. Des attaques quasi-quotidiennes qui ont contraint George W. Bush à intervenir : "toutes ces rumeurs et ces accusations viennent de fonctionnaires de troisième ordre qui veulent se protéger. C'est typique (des jeux politiques) de Washington", a affirmé mardi le président en affirmant que le moral parmi les plus hauts responsables des agences restait "élevé".
Mais il doit aussi faire face aux critiques du Congrès, qui vient de lancer une enquête parlementaire sur les lacunes du FBI et de la CIA. Tout en apportant son soutien aux auditions, le président américain a fortement déconseillé au Congrès de sortir de ce cadre et de multiplier les enquêtes afin d'éviter de détourner "un temps et des ressources précieuses et, peut-être, compromettre nos sources en matière de renseignement". Ces déclarations ont provoqué un mouvement d'humeur chez les démocrates, majoritaires au Sénat, qui plaident par ailleurs pour la mise en place d'une commission nationale d'enquête sur le 11 septembre, une idée que refuse le président Bush. Le Congrès avait déjà mis en place, le 14 février dernier, une commission d'enquête bicamérale, co-présidée par un républicain et un démocrate. Cette commission, dont les travaux doivent durer jusqu'à l'automne, a déjà entendu près de 200 personnes ; parmi les témoins à venir : les directeurs de la CIA George Tenet et du FBI Robert Mueller, fin juin.
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