© INTERNELe citoyen américain Martin Burnham, otage du groupe islamiste Abu Sayyaf, a été tué vendredi et sa femme Gracia blessée, lors d'une opération de l'armée des Philippines visant à les libérer. Tandis que l'on ignore encore la gravité des blessures de sa femme, âgée de 42 ans, l'armée de Manille a fait savoir qu'elle était désormais libre. L'opération pour libérer les otages a été montée vendredi en début d'après-midi près de la ville de Siraway, sur la péninsule de Zamboanga, sur la grande île méridionale de Mindanao, selon un responsable militaire.
Kidnappé le 27 mai 2001 sur le site touristique de Dos Palmas alors qu'il fêtait ses 18 ans de mariage, Martin Burnham, âgé de 41 ans et père de trois enfants, était un missionnaire originaire du Kansas. On craignait pour sa vie depuis le début du mois de mai 2002, lorsque le groupe Abu Sayyaf avait déclaré qu'il envisageait de tuer Burnham et sa femme, après que les négociations eurent échoué.
Conditions infernales
Etabli aux Philippines en tant de pilote d'avion pour le compte d'une mission évangéliste, Martin Burnham et sa femme avaient été emmenés dans les forêts montagneuses de l'île de Basilan en compagnie d'une infirmière, Ediborah Yap, qui a également trouvé la mort. Ils étaient détenus dans des conditions particulièrement éprouvantes, régulièrement déplacés sous la menace, parfois menottés à l'un de leurs ravisseurs. Souffrant du paludisme, il était déplacé sur un brancard depuis quelques semaines.
Dans une vidéo diffusée au mois de mars dernier, Martin Burnham expliquait que ses ravisseurs prenaient "pour cible les Etats-Unis, l'Europe et d'autres nations occidentales", en raison de leur indifférence supposée à l'égard des Musulmans et au "soutien" apporté par Washington au gouvernement des Philippines, accusé d'occuper illégitimement une "terre musulmane". Le groupe Abu Sayyaf, responsables de nombreux kidnappings dans cette région, est lié au réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden. 5.000 soldats philippins tentent depuis des mois de venir à bout des guérilleros avec l'aide d'un millier de militaires américains servant de conseillers et d'instructeurs. Les Etats-Unis n'ont pas été impliqués dans l'opération, a affirmé le chef d'état-major interarmées américain Richard Myers.
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