© INTERNERévélée par Radio Israël dans la matinée, puis démentie dans l'après-midi par le négociateur palestinien Saëb Erakat, l'information selon laquelle Shimon Peres aurait des contacts avec de hauts responsables palestiniens prouve au moins que la diplomatie reprend ses droits au Proche-Orient. Selon la radio publique de l'Etat hébreu, le chef de la diplomatie israélienne aurait engagé des discussions avec le président du parlement Ahmed Qoreï et Saëb Erakat, en vue de la conférence régionale de paix prévue cet été.
Dans un premier temps, il s'agirait "de contacts préliminaires en vue de sonder les possibilités d'aller de l'avant", a affirmé M. Peres sur les ondes de Radio Israël, relevant en outre la "difficulté de l'entreprise, vu le climat de méfiance qui s'est instauré" entre les deux parties. Toutefois, Saëb Erakat a nié que se déroulent actuellement de tels pourparlers, indiquant que les seuls contacts israélo-palestiniens étaient destinés à fixer les modalités du transfert de nourriture et de médicaments dans les zones sous souveraineté palestinienne.
Double pression
Quoi qu'il en soit, le président palestinien Yasser Arafat est aujourd'hui sous la double pression d'Israël et des Etats-Unis, qui le poussent à réformer l'Autorité qu'il commande. C'est dans ce contexte que l'idée de la proclamation d'une "Palestine provisoire" est de plus en plus évoquée, après que le président égyptien Hosni Moubarak l'eut proposée lors du week-end qu'il a passé à Camp David. Selon le New York Times de vendredi, les conseillers de George W. Bush prépareraient un discours qui sera prononcé la semaine prochaine, dans lequel le président américain proposerait la création officielle de cette nouvelle nation temporaire, première étape d'une reprise de pourparlers bilatéraux. Il est pourtant notoire que l'essentiel de la direction palestinienne est hostile à toute solution "provisoire".
Toutefois, c'est après en avoir discuté avec le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal que George W. Bush aurait pris la décision de lancer cette initiative, à la condition que l'Autorité palestinienne se réforme en profondeur. De fait, Yasser Arafat a réuni jeudi son nouveau cabinet, avec lequel il a élaboré "le plan d'action du gouvernement pour les cent prochains jours et la tenue d'élections municipales, législatives et présidentielle", selon le ministre de l'Information Yasser Abed Rabbo. Des scrutins généraux seraient en effet convoqués pour la fin de l'année. Une annonce que Washington a qualifié de "positive".
Et comme pour donner des gages de bonne volonté aux Américains et aux Israéliens, le nouveau ministre de l'Intérieur palestinien, le général Abdel Razak al-Yahya, a annoncé sa volonté "d'en finir complètement" avec les "milices" responsables des actes de terrorisme anti-israéliens, en engageant, dans un premier temps, un dialogue avec elles. "Je n'accepterais pas que l'on pollue le nom du peuple palestinien avec du terrorisme", a-t-il affirmé à un journaliste d'Associated press.
Violences quotidiennes |
Dans le nord de la Cisjordanie, un Palestinien a été tué vendredi matin après avoir attaqué avec un couteau un colon israélien près de l'implantation de Kedoumim, dans le nord de la Cisjordanie. Des unités israéliennes ont pénétré dans la nuit de jeudi à vendredi dans le secteur palestinien de Hébron et près de la ville, arrêtant trois personnes et détruisant un atelier de fabrication d'explosifs. Par ailleurs, le service de sécurité israélien, le Shin Beth, a annoncé qu'une bombe de forte puissance, consistant en plusieurs dizaines de kilogrammes d'explosifs, avait été découverte et détruite jeudi par des militaires dans la région de Kalkiliya, dans le nord-ouest de la Cisjordanie. La bombe était destinée à exploser dans une ville d'Israël, où l'état d'alerte est maintenu de crainte d'un attentat à grande échelle. |
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