11 septembre : FBI et CIA règlent leurs comptes

Par AFP, le 05 juin 2002 à 07h00 , mis à jour le 04 juin 2002 à 20h48

Grand déballage dans la presse américaine : le FBI et la CIA s’attaquent par journaux interposés. Chaque agence fédérale cherche à rejeter sur l'autre la responsabilité des dysfonctionnements qui les ont empêchées de voir l'imminence des attentats du 11 septembre.

WTC en feu © INTERNE

Pas un jour ne se passe sans que l'un des grands quotidiens américains, hebdomadaires ou "networks", ne livre sa "révélation" sur ce que savait le FBI ou la CIA sur les préparatifs des attentats du 11 septembre. Le flot d'informations sur les "ratages" mutuels a d'ailleurs singulièrement grossi au cours des jours précédant le grand déballage auquel sont contraints le FBI et la CIA dès mardi, à huis-clos, au Congrès. Cette "rivalité territoriale" entre les deux agences qui refusent de passer pour le bouc émissaire et s’accusent mutuellement, est à ce point âpre que le président George W. Bush s'emploie à rassurer les Américains.

Le FBI a été le plus sévèrement soumis à la critique pour avoir ignoré ou entravé l'enquête autour de terroristes présumés qui prenaient des cours de pilotage aux Etats-Unis, parmi lesquels le Français Zacarias Moussaoui, soupçonné d'être le 20e pirate de l'air des attentats du 11 septembre. Mais la CIA n'est plus en reste. L'Agence centrale de renseignements, mise en cause par un article publié dimanche dans l'hebdomadaire Newsweek pour avoir gravement négligé la piste de futurs pirates de l'air liés à Al-Qaïda, a rectifié mardi le tir dans un article du Washington Post.

"Indices majeurs" contre rapports internes : les armes des agences fédérales

Le magazine soutenait que la Centrale avait identifié dès janvier 2000 deux des futurs pirates de l'air, Khaled al-Mihdar et Nawaf al-Hazmi, sans toutefois exploiter l'indice et en informer le FBI. Le FBI s'est défendu lundi en accusant la CIA, par le biais de la chaîne câblée CNN, d'avoir omis de lui transmettre cet indice majeur qui aurait pu fournir une piste pour remonter jusqu'aux terroristes. Dans le Post, un "haut responsable du contre-espionnage" a répliqué qu'il avait informé le FBI dès janvier 2000 de la participation d'al-Midhar, le 5 de ce mois, à une réunion de terroristes présumés à Kuala Lampur, en Malaisie. Détenteur d'un visa qui, selon le quotidien aurait dû susciter l'attention du FBI, Al-Midhar était entré sans encombre aux Etats-Unis le 15 janvier 2000.

Samedi, le New York Times faisait état d'un rapport secret interne rédigé quelques mois avant les attentats montrant combien le FBI était mal préparé à contrer la menace de groupes terroristes moyen-orientaux. La contre-attaque n’a pas tardé : le FBI, toujours par voie de presse, vient de faire état d'une série de messages e-mails en possession de la CIA et contenant des indices non exploités par la centrale.

Photo d'ouverture : archive - DR

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Par AFP le 05 juin 2002 à 07:00
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