Le serment sur la Bible interdit dans les écoles américaines ?

Par AFP, le 28 juin 2002 à 21h14 , mis à jour le 27 juin 2002 à 21h22

La Cour d’appel de San Francisco a jugé que le serment que les écoliers, main droite sur le coeur, prêtent à la patrie et au drapeau, violait la séparation constitutionnelle entre l'Eglise et l'Etat. La décision choque le pays.

drapeau usa © INTERNE

Le ciel est tombé sur la tête des Américains, qui à droite comme à gauche condamnent comme provocatrice ou inutile l'interdiction par un tribunal californien du serment d'allégeance à l'école parce qu'il fait référence à Dieu. La très libérale Cour d'appel de San Francisco a en effet jugé mercredi que le serment que, la main droite sur le coeur, les écoliers prêtent à la patrie et au drapeau, violait la séparation constitutionnelle entre l'Eglise et l'Etat.

Ce serment inclut depuis 1954 la mention "une nation sous Dieu". Dire que nous sommes une +nation sous Dieu+ revient (...) à professer que nous sommes une nation +sous Jésus+, +sous Vishnou+, +sous Zeus+ ou +sous aucun dieu+, et aucune de ces affirmations n'est neutre au regard de la religion", selon la décision de San Francisco.

Indignées, les plus hautes autorités politiques sont vite montées au créneau. Depuis le sommet du G8 au Canada, le président George W. Bush - un méthodiste qui vante souvent sa ferveur chrétienne - a jugé "ridicule" la décision. M. Bush est revenu à la charge jeudi en affirmant que les droits de l'Amérique "viennent de Dieu comme le proclame la Déclaration d'indépendance" et il a adressé une mise en garde aux juges qui l'oublieraient.

La décision annulée par la Cour suprême ?

Au Sénat jeudi matin, l'aumônier parlementaire Lloyd Ogilvie a dans sa prière publique quotidienne déclaré que les mots "une nation sous Dieu, indivisible" et "nous faisons confiance en Dieu" (devise figurant sur les billets de banque) n'étaient nullement en contradiction avec la "liberté religieuse" et la séparation des églises et de l'Etat garanties par la constitution. La veille, les sénateurs démocrates et républicains, parlant d'un arrêt "dingue", "stupide", "honteux", avaient voté unanimes une résolution pour défendre le serment d'allégeance.

L'homme par qui le scandale arrive est un libre-penseur californien, Michael Newdow, médecin de 49 ans. Cet iconoclaste avait porté plainte pour que sa fille ne soit plus obligée d'entendre tous les jours ce serment. "J'ai reçu plusieurs messages de menaces sur mon répondeur téléphonique", a reconnu la nouvelle bête noire de la droite religieuse.

Beaucoup soulignent que la mention d'un être suprême ne signifie pas endoctrinement et a valeur culturelle pour l'Amérique. Les écoliers en désaccord n'ont pas obligation de réciter le serment et la prière quotidienne à l'école a été supprimée par la justice. La majorité des commentateurs estiment d’ailleurs que la Cour suprême cassera cet appel.

Par AFP le 28 juin 2002 à 21:14
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