Pour les autorités américaines, Zacarias Moussaoui était le 20ème homme prévu au sein des commandos suicide du 11 septembre. Pour démontrer son implication, les agents du FBI ont patiemment accumulé les documents et éléments de preuve. L'acte d'accusation comprend six chefs d'inculpation : "Complot visant à commettre des actes internationaux de terrorisme, complot visant à commettre des actes de piratage à bord d'un avion, complot visant à détruire des avions, complot visant à utiliser des armes de destruction massive". Quatre sont passibles de la peine de mort. Mais que contient au juste le dossier Moussaoui ? Rien de vraiment concluant, affirme Newsweek. Dans son dernier numéro, l'hebdomadaire américain, dans un article intitulé "doutes internes", va jusqu’à poser la question : "Est-ce que l'Etat américain peut prouver ses dires?"
Citant des sources ayant eu connaissance des "dizaines de milliers de documents du FBI rassemblés pour le procès", Newsweek affirme qu'il "n'y a rien qui montre que Moussaoui soit jamais entré en contact avec un des pirates de l'air du 11 septembre". Selon l'hebdomadaire, "certains documents suggèrent même l'existence de doutes internes au sein du FBI sur la question de savoir si Moussaoui devait être le '20ème pirate de l'air', comme l'ont suggéré les responsables du département de la Justice".
Doutes au sein du FBI
Zacarias Moussaoui a déjà avoué ses liens avec Al Qaida. L'enquête a d'ailleurs démontré que Ramzi ben al-Shibh, membre actif du réseau terroriste et proche du pirate de l'air Mohamed Atta, lui avait envoyé 14.000 dollars en août 2001. L'argent était arrivé quelques semaines avant l'arrestation de Moussaoui : l'intérêt qu'il manifestait pour les avions de ligne avait suscité les soupçons des instructeurs de l'école de pilotage de Minneapolis. Mais les avocats de Moussaoui ne se privent pas de souligner que les membres des commandos du 11 septembre s'étaient rencontrés à plusieurs reprises avant les attentats. Et dans ces rencontres, Moussaoui brillait par son absence. En l'état actuel du dossier, les preuves de ses relations avec les pirates de l'air du 11 septembre semblent encore insuffisantes...
L’article de Newsweek vient en tout cas à point nommé pour la défense de Moussaoui, largement affaiblie au cours des derniers jours par l’attitude de l’accusé lui-même. De dénégations en affirmations contradictoires, Zacarias Moussaoui a réussi jusqu’à présent à désorienter la juge Brinkema, et jusqu'à ses propres avocats. Lors de sa dernière audience devant le tribunal d'Alexandria, il a affirmé vouloir plaider coupable, avant de relativiser sa responsabilité dans les divers chefs d'inculpation, puis d’annoncer qu’il plaiderait non coupable "au nom d’Allah". Un discours confus qui n’a certainement pas joué en sa faveur, et que ses avocats ont eu le plus grand mal à défendre face aux questions des journalistes américains. D'autant plus que Moussaoui lui-même, convaincu que ses défenseurs veulent le tuer, refuse obstinément de leur parler et veut plaider sa cause lui-même devant le juge...
Photo d’ouverture : Zacarias Moussaoui - DR
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