© INTERNEL'héritière de la direction des Groupes de résistance anti-fascistes du 1er octobre (Grapo), groupuscule terroriste espagnol, a été démantelée, jeudi, lors d'opérations policières en France et en Espagne, sur décision des juges français Jean-Louis Bruguière et espagnol Baltasar Garzon. Huit arrestations ont eu lieu dans cinq appartements parisiens, essentiellement des membres du comité central, et six autres dans trois appartements madrilènes, principalement des membres opérationnels. Parmi les interpellés, Fernando Hierro Chomon, figure historique des Grapo et responsable de la réorganisation de la commission militaire, dont le siège est à Paris. Dans la capitale française, les opérations policières ont permis de découvrir un "atelier" de fabrication de faux papiers, des ordinateurs, de la documentation, une forte somme d'argent et deux détonateurs. En revanche, aucune arme n'a été saisie.
La précédente direction avait été démantelée en novembre 2000 à Paris. Derrière les Grapo se dissimule la plus meurtrière organisation terroriste en Espagne après ETA. La police espagnole lui attribue la mort de 83 personnes depuis sa création en 1975, dont presque toutes ont été tuées avant 1985. Le mouvement fut créé un mois et demi avant la mort du dictateur espagnol Franco. Il revendiquait une idéologie marxiste pure et dure, à l'image des Brigades rouges italiennes, de la Fraction armée rouge allemande ou du groupe français Action directe.
"17 Novembre"
En Grèce, ce sont trois membres et un meneur présumé de l'organisation terroriste du "17 Novembre", qui ont été arrêtés par la police. L’un des suspects est un universitaire grec de 58 ans enseignant à Strasbourg. Interpellé sur l'île de Leipsi (dans le Sud-Est de la mer Egée) mercredi après-midi sous le nom de Mihalis Oikonomou, il pourrait s’agir d’Alexandre Giotopoulos, qui est soupçonné d'être un des cerveaux de l’organisation. La police grecque a également interpellé son épouse, une Française de 48 ans vivant en Grèce depuis plus de dix ans. Une perquisition a été effectuée dans la nuit de mercredi à leur domicile athénien, où des documents ont été confisqués. Alexandre Giotopoulos et deux autres suspects ont été déférés vendredi en début d'après-midi devant la justice tandis que la Française a été relâchée. Selon le chef de la police grecque Photis Nassiakos, il ressort d'empreintes digitales et d'une expertise graphologique qu'Alexandre Giotopoulos avait "un rôle dirigeant et inspirateur" au sein du "17 Novembre" bien que ce dernier nie toute implication. Vassilis Tsortzatos, un électricien de 47 ans, a reconnu avoir pris part à huit meurtres et sept tentatives d'assassinat entre 1985 et 1992. Le troisième suspect, Théologos Psaradélis, un retraité de 59 ans, a avoué avoir participé à un vol dans une banque à Athènes en 1986 en compagnie d'autres membres du "17 Novembre".
Considéré comme l'un des plus dangereux d'Europe par Washington, le "17 Novembre" tire son nom de la révolte des étudiants grecs contre la dictature "des colonels" (1967-1974) réprimée dans le sang le 17 novembre 1973. Son idéologie allie marxisme et nationalisme. Selon les experts grecs et étrangers, les cerveaux de ce groupe, dont le noyau, très fermé, compterait une quinzaine de personnes, sont des intellectuels âgés d'une soixantaine d'années et liés à la France du fait de leur séjour dans ce pays pendant la dictature. Insaisissable pendant 27 ans, le groupe terroriste est responsable notamment de 23 assassinats de personnalités grecques, américaines, turques et britannique depuis 1975 ainsi que d’une cinquantaine d'attentats à la bombe et à la roquette.
photo d'ouverture : arrestation d'un membre du Grapo (à droite) à Madrid.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




