Frémissement diplomatique au Proche-Orient

Par PM, le 09 juillet 2002 à 22h01 , mis à jour le 08 juillet 2002 à 22h08

Restés deux mois sans le moindre contact, palestiniens et israéliens ont repris le chemin du dialogue lundi soir, à un moment où Yasser Arafat apparaît de plus en plus fragilisé au sein de l'Autorité palestinienne.

simon peres © INTERNE

A nouveau, ils se parlent. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, s'est entretenu lundi dans un hôtel de Jérusalem avec le ministre palestinien des Finances, Salam Faiad, ouvrant avec l'Autorité palestinienne un dialogue fermé depuis plus de deux mois. "Il s'agit du premier d'une série d'entretiens que M. Peres aura avec les Palestinien", annonce un communiqué du cabinet de Peres. Cette rencontre, qui devrait être suivie de nombreuses autres dans les prochains jours, a reçu le feu vert du Premier ministre israélien Ariel Sharon et du président Yasser Arafat.

Les discussions avec les deux ministres palestiniens, qui participent aux réformes réclamées par les Etats-Unis et par Israël, seront axées sur l'assouplissement des conditions imposées aux Palestiniens dans les villes de Cisjordanie réoccupées par Israël. Un haut responsable palestinien a aussi confirmé la rencontre Peres-Faiad, ajoutant que les discussions ont été approuvées par le président Yasser Arafat. Israël et les Etats-Unis ont rompu leurs contacts avec Arafat en accusant son administration d'implication dans le terrorisme.

Arafat évincé ?

Dans le même temps, lundi, la refonte des services de sécurité palestiniens entreprise par le président Yasser Arafat continuait de provoquer des remous. Le dernier limogeage annoncé, celui du chef des services de renseignements en Cisjordanie, le général Taoufic Tiraoui, semblait avoir fait long feu. Une source proche de M. Arafat avait annoncé dimanche que le général Tiraoui avait été limogé. L'information a été démentie par trois hauts responsables, dont le supérieur du général Tiraoui, le chef des services de renseignements Amine al-Hindi. Exprimant sa colère, M. Tiraoui a dénoncé "une campagne orchestrée par Israël pour semer la confusion parmi le peuple palestinien". "Cette information n'a aucun fondement et il n'y a ni décret présidentiel, ni décision allant dans ce sens", a ajouté un conseiller de M. Arafat. Déjà, samedi, quelque 600 membres de la Sécurité préventive en Cisjordanie avaient déclenché une fronde contre le limogeage de leur chef Jibril Rajoub par le président palestinien.

Yasser Arafat, soumis à de fortes pressions, notamment américaines, s'est engagé à réformer l'Autorité palestinienne, en particulier ses services de sécurité. Selon une importante source militaire israélienne citée lundi par le quotidien Haaretz, "il y a de grandes chances pour que le prestige d'Arafat décline d'ici six mois au point qu'il ne pourra plus empêcher l'émergence d'une nouvelle direction pragmatique, qui conduira les Palestiniens à un compromis avec Israël".

Photo : Shimon Peres,ministre israélien des Affaires étrangères

Par PM le 09 juillet 2002 à 22:01
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